CONTRE LES ÉLÈVES
avaient eu lieu. Cette enquête dura trois jours, et se termina par un fait odieux; car, à sa suite, vingt-cinq jeunes théologiens furent saisis à minuit, surpris pendant leur sommeil, et jetés dans les cachots de l’établissement.
Le jour suivant, on fouilla minutieusement toutes les chambres des autres élèves, et on leur enleva tous les bons livres catholiques qu’ils avaient apportés de leurs séminaires, et qui étaient contraires aux principes enseignés par leurs nouveaux maîtres. Cet acte de violence ne contribua pas peu à augmenter leur mécontentement, lequel monta à son comble quand Stôger, qui était alors revenu de sa peur, essaya de les contraindre d’assister de nouveau au cours de le Plat et des autres professeurs; mais rien ne put les y décider. Quant à le Plat, ils lui signifièrent nettement qu’ils ne paraîtraient jamais aux leçons d’un homme qui enseignait les erreurs d’Eybel, condamnées récemment par Pie VI dans sa bulle célèbre, Super soliditate , du 28 novembre de cette même année ; d’un homme qui professait ouvertement les cinq propositions de Jansénius, et qui ne faisait aucun cas de la constitution Unigenitus. « Ce serait, disaient-ils, aussi contraire à notre conscience qu’au serment que nous avons prêté à notre entrée dans le séminaire. » Stôger, à ces mots, entra en fureur : « Comment! quelle erreur vous est enseignée? » leur disait-il. « Vous avez tous une conscience erronée; tous les évêques d’Allemagne, et de bien d’autres pays encore, suivent les principes d’Eybel et de Pechem : la condamnation d’Eybel, faite par le pape, n’a aucune valeur, jusqu’à ce qu’elle ait été revêtue du placet impérial. Sachez encore que les papes