‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 30 sur 127 · MESURES BARBARES CONTRE LES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

MESURES BARBARES CONTRE LES ÉLÈVES

se sont souvent et nécessairement montrés trop ardents au sujet de la condamnation d’erreurs prétendues, et qu’ils ont agi maintes fois, on cela, avec une grande imprudence. L’Église catholique n’a pas besoin, pour subsister, d’avoir un prétendu chef suprême; car s’il en était autrement, toute l’Église périrait à la mort du pape. Quant à la bulle Unigenitus, elle a fait son temps ; on n’en parle déjà plus : plus de quarante évêques de France se sont refusés à l’accepter. Il en est de même de la condamnation des cinq propositions de Jansénius, et vous n’aurez plus à prêter à l’avenir, à leur sujet, le serment d’usage. Il n’y a plus de jansénistes. Cette prétendue hérésie a été une pure invention. Vous autres Belges, gens superstitieux et grossiers, ne vous êtes servis de ce prétexte que pour persécuter à outrance les hommes les plus nobles, las plus savants, les plus remplis do piété et de lumière, et les chasser ensuite de votre patrie. »

Les élèves poussèrent la résignation jusqu’à consentir à supporter, pendant quelque temps encore, la brutalité de ces ennemis du bon sens et de l’Église ; mais lorsque l’abbé Stôger leur donna connaissance des statuts du séminaire général, et leur fit entendre qu’ils étaient obligatoires, et que chacun devait s’engager par écrit à les observer scrupuleusement, alors l’indignation et le mécontentement débordèrent : rien ne fut capable de les retenir plus longtemps dans cet établissement corrupteur; tous demandèrent unanimement à en sortir. Il vint de nouveaux soldats de Bruxelles, avec des commissaires impériaux, pour contraindre, par la violence, les élèves de rester au séminaire. Vingt et un étudiants en théologie furent de nouveau arrêtés

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