DES CONCESSIONS
Les illuminés do Louvain et de Bruxelles avaient déjà prévenu ceux de Vienne , et sû obtenir du comte de Murray (qui avait succédé au comte de Belgiojoso en qualité de ministre plénipotentiaire) qu’il retirât et annulât jusqu’à un certain point les concessions qu’avaient accordées , le 28 juin , LL. AA. Rll. aux états de Brabant. Joseph II , dans une dépêche datée de Vienne le 16 août, chargea ce ministre de faire entendre aux Belges que, malgré qu’il ne fût aucunement éloigné de tenir aux promesses qu’il avait faites à leurs députés, il ne pouvait cependant y satisfaire avant qu’on eût fait disparaître jusqu’à la dernière trace do toutes les violences qu’on s’était permises contre sa personne et contre son autorité depuis lo l ,r avril do cette année jusqu’à ce jour ; et qu’en conséquence , toutes les affaires ecclésiastiques devaient rétrograder au point où elles se trouvaient le 1 er avril.
On comprend sans peine toute la malice de la trame ourdie par ces mauvais prêtres contre l’empereur et contre la nation belge. C’était au mois d’avril que la nation et le clergé avaient sérieusement élevé la voix pour protester contre les violences sans nom faites à la religion et à l’Église. Toutes leurs nobles et fermes représentations étaient donc considérées par la dépêche comme autant d’attentats de lèse-majesté. Il n’en faut pas davantage pour se convaincre que cette dépêche était l’œuvre de ces ecclésiastiques impies ; car après les assurances formelles que Joseph II avait données aux députés de la province de Belgique, ce prince n’était pas homme à se jouer ainsi à la face du monde de sa parole et de ses promesses. Les Belges pénétrèrent bien la trahison dont on voulait les rendre victi-