‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 6 sur 127 · ÉDIT DR TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

ÉDIT DR TOLÉRANCE

vélé. La secte n’avait pas obtenu cet édit de tolérance par un sentiment de sympathie pour le protestantisme, qu’elle haïssait à l’égal du catholicisme, mais uniquement pour arriver par l’exaltation du premier à la destruction du second , et afin d’ébranler dans son dogme et sa hiérarchie celui-ci jusque dans ses plus intimes fondements , et de pouvoir planter la bannière de l’incrédulité philosophique sur les ruines du christianisme positif, dont l’Église catholique est l’unique conservatrice.

Nul acte du gouvernement de Joseph II ne lui procura tant de célébrité que son édit de tolérance. Les protestants de toutes nuances, les philosophes, les incrédules, les gouvernements protestants d’Allemagne, toute l’Europe aussi , chantèrent unanimement ses louanges, l’élevèrent jusqu’aux nues, et le proposèrent comme un admirable modèle à tous les souverains du monde chrétien. Tout catholique qui avait l’audace de manifester seulement un scrupule au sujet de cet édit était, de quelque nation qu’il fût, poursuivi et flétri des qualifications d’obscurantiste , d’ennemi de l’humanité et du christianisme, et considéré même comme un malfaiteur coupable du crime do lèso-majesté.

Les protestants et les gouvernements hérétiques de l’Europe avaient déjà, plusieurs années avant Joseph II, employé une tactique semblable en Pologne pour la ruine de ce royaume. N’étaient-ce pas, en effet, les princes protestants d’Allemagne, le roi do Prusse à leur tête, l’Angleterre , la Suède, la Norwége et le Danemark , qui, enI708, avaient exigé à main armée, do cette nation toute catholique, et dont la population d’environ

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