‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 7 sur 127 · ÉDIT DE TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

ÉDIT DE TOLÉRANCE

vingt et un millions d’âmes ne renfermait qu’environ un million de dissidents, qu'elle mit tous les cultes hétérodoxes sur le pied de l’égalité avec le catholicisme? Et comment ces mômes puissances ne traitèrent-elles pas les catholiques dans leurs propres États? Quelles luttes héroïques n’ont pas eu à soutenir les catholiques d’Angleterre pour obtenir leur émancipation ! Et après cette même émancipation conquise, comment l’Angleterre a-t-elle satisfait à ses engagements envers eux? Considérons seulement la malheureuse Irlande! — Dans quel triste état ne se trouve pas présentement encore le catholicisme dans lo triple royaume de Scandinavie? On ne leur permet ni l’exercice public du culte , ni même d’avoir de propres prêtres. Et ceux d’entre eux qui ont le bonheur de retourner à la foi de leurs pères ne sont -ils pas aujourd’hui obligés de quitter leur patrie? Et comment cette égalité est-elle maintenue dans les pays protestants où le nombre des catholiques est presque égal à celui des réformés , et où le libre exercice de leur religion leur est garanti par des traités solennels, et par les serments tant de fois répétés de leurs princes ? Il n’y a pas encore vingt années que, malgré les engagements pris par Frédéric II , dans le traité de Breslau de 1740, de faire participer les catholiques de Prusse aux mêmes droits civils et religieux que les protestants, les premiers ne pouvaient cependant aspirer dans l’armée qu’au grade de simple officier tout au plus , et dans les administrations civiles, qu’aux plus bas emplois dans les bureaux des chancelleries, à moins qu’ils ne donnassent des signes évidents et publics du mépris qu’ils professaient pour leur foi.

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