‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 63 sur 127 · DU CHAPITRE DP MALIN ES · texte numérisé non relu

DU CHAPITRE DP MALIN ES

dans l’impossibilité où se trouve un évêque d’instruire par lui-même toutes les ouailles de l'ample diocèse auquel il est préposé. Jésus-Christ, ayant établi les évêques pour gouverner son Église, leur donna, daqs la personne des apôtres dont ils sont les successeurs, le plein pouvoir d'enseigner ce qu’il leur avait appris : le grand apôtre saint Paul leur recommande expressément de veiller à la doctrine avec la même sollicir tijde qu’ils doivent avoir sur leur propre conduite : Attende tibi et doçtrinæ, et de conserver, avec la plus grande attention, le dépôt sacré de la saine doctrine i O Timothee, déposition custodi. Mais si l’on ôte aux évêques le pouvoir d’enseigner par eux-mêmes les sujets qu’ils destinent au saint ministère, ou de choisir et d’avoir sous leurs ordres les personnes qui le font en leur nom, on trouble les évêques dans l'accomplis? sement de leurs devoirs les plus indispensables, et on les oblige conséquemment à renoncer aux droits inbé? rente à l’épiscopat, droits aussi inaliénables et impres? criptibles que la religion et ta constitution de l'Église catholique sont elles-mêmes invariables ç droits à la conservation desquels les évêques se sont encore engagés par le serment le plus solennel qu’ils ont prêté lors de leur sacre et lors de la prise de possession de leurs églises.

« II. L’évêque est encore obligé très-étroit ement d’avoir son plein apaisement sur les principes de doctrine, et sur la conduite de ceux auxquels il impose les mains; Manus nemini cito imposueris , et sur lesquels il se décharge ensuite en partie des soins pénibles et étendus de son diocèse, en les envoyant prêcher l’Évangile, administrer les sacrements et remplir les autres de-

AVIS DOC'l HINAL

voire du soin des âmes : mais s’il ne lui est plus libre d’avoir sous ses yeux ceux qu’il prépare à ces saintes fonctions, de les connaître à fond, et déjuger par luimême de leur caractère, de leur conduite, de leurs progrès et de leurs talents, il lui devient impossible de se reposer sur des sujets dont il ignore l’idonéilé à remplir un ministère si redoutable et qui exige des qualités si éminentes.

«Or, cela arriverait incontestablement en empêchant les évêques de faire instruire les candidats du sacerdoce chrétien dans leurs séminaires établis sous leurs yeux, et en les obligeant à les renvoyer au séminaire général de Louvain ; et ainsi on leur ôterait le moyen le plus propre de les instruire et de les diriger, moyen employé de tout temps dans l’Église de Jésus-Christ, mais rétabli particulièrement et porté à une grande perfection par le concile de Trente, qui veut expressément que le séminaire épiscopal soit établi près de l’église cathédrale ; moyen mis ensuite en vigueur dans ces pays par les synodes provinciaux et diocésains, dont les dispositions ont toujours été protégées et maintenues par nos princes.

« Ainsi voyons-nous que l’illustre et saint restaurateur de la discipline ecclésiastique, selon les décrets du concile de Trente, le grand Charles Borromée a d’abord établi dans la ville métropolitaine de son diocèse un séminaire qui devait servir de modèle aux autres séminaires qu’il voulut qu’on établît dans les villes épiscopales do sa province ecclésiastique : et ces séminaires, conformément au concile de Trente, dépendaient entièrement de leurs évêques respectifs; et saint Charles leur recommanda bien expressément, en leur

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