‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 72 sur 127 · REMONTRANCE DU CLERGE DE URUGES · texte numérisé non relu

REMONTRANCE DU CLERGE DE URUGES

évoques, les ecclésiastiques, les théologiens , eu professant une soumission parfaite à la souveraineté de Votre Majesté, réclament au cas présent l’opposition de leur conscience; ils croient trouver la loi divine en contradiction avec la loi civile.

« On a beau envisager ces sentiments comme erronés, ils ne sont pas moins réels : or on ne force pas les opinions; les seules armes pour les réduire sont celles de la persuasion : encore ne saurait-on faire usage des dernières avec succès qu’en les employant avec beaucoup de modération, et en laissant aux esprits agités le temps nécessaire de se calmer, et de donner des moments libres à une mûre réflexion.

« L’histoire de tous les temps démontre que la violence employée pour contraindre les opinions n’a jamais produit d’autro effet que d’aggraver le mal : un esprit poussé à bout ne se reconnaît plus. Qui pourrait assurer que, dans la fermentation actuelle, un acte quelconque de contrainte réello, quoique muni du sceau de la justice réglée, ne donnât occasion à des traits de résistance, et ne fût le signal d’une commotion dangereuso ?

« Quel fruit d’ailleurs un souverain peuUil se promettre en contraignant les opinions par la force? Un mortel quelconque qui trahit la voix de sa conscience est un mauvais sujet : tant que notre religion dominera, il faudra admettre l’existence d’une loi divine à laquelle la puissance civile est subordonnée. »

Le clergé du diocèse de Bruges, lui aussi, par un mémoire énergique, appuya la représentation des états, et démontra combieu étaient ridicules les changements prétendus que l’on s’était vanté d’avoir faits

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