‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 11 sur 58 · RÉVOLTE I>ES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

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pouvoirs, il répondit brusquement : « Mais quels pou* voirs? Tout prêtre peut confesser. »

Les professeurs rivalisaient d'impiété avec le recteur lui-même : en présence des élèves, ils tournaient en plaisapterie la sainte doctrine de l'Eglise ; ils insul* taient à ses dispositions disciplinaires, consacrées par une si vénérable antiquité. S'efforçant d^ inoculer à ces jeunes gens une incrédulité cynique , le Plat alla si loin en cette matière , que, dans ses leçons de droit canonique, il enseignait publiquement que Canisius, Bellarmin, et tous les autres défenseurs du saint-siége, avaient agi contre les principes de la saine logique en qualifiant le pape de vicaire de Jésus-Christ, et que leur définition de l'Église était erronée.

Peut-on s'étonner encore que les jeunes séminaristes devinssent de jour en jour plus méconteiits de leurs professeurs et du recteur du séminaire , et qu'ils manifestassent ouvertement leurs sentiments? Dans les journées des 5, 6 et 7 décembre, ils en vinrent à des démonstrations fâcheuses. Avec respect, cependant, ils firent observer aux professeurs que la doctrine qu41s enseignaient était, scandaleuse, et que , s^ils ne modifiaient pas leur enseignement, aucun élève n'assisterait plu3 désormais à leurs cqurs. Ces messieurs entrèrent alors en fureur et maltraitèrent de toute façon ces pieux élèves, qui, de leur côté, indignés d'une semblable conduite, en vinrent aux voies de fait, brisèrent plusieurs fenêtres de la salle d'étude, et y rompirent quelques bancs.

Stôger, indigné, partit aussitôt, le 6, pour Bruxelles, afin de demander main-forte au gouvernement. Le jour suivant, un commissaire impérial, nommé le Clerc,

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se transporta à Loavain, et fit une enquête sévère parmi les séminaristes au sujet des troubles qui avaient eu lieu. Sur la demande qu'il leur fit de ce qu^Is voulaient, ils répondirent d'une commune voix : « Nous voulons la saine doctrine catholique, et être gouvernés par nos évéques. — Mais quoi , leur répondit-il avec ironie, des évoques! Quels évoques? » Les élèves, indignés de cette réponse, dans laquelle ils voyaient le mépris que l'on manifestait pour leurs pasteurs, donnèrent un libre cours à leur indignation. Ils jetèrent des pierres contre la grande fenêtre de la salle d'études où se trouvait le Cierc parmi les directeurs de l'institut, en adressant les plus violents repFOches à Stôger, à ses compagQons, et plus particulièrement à le Plat. Le Clerc, craignant pour sa vie, quitta sur-le-champ le séminaire, se rendit à Bruxelles, et revint immédiatement avec un détachement de trente-deux dragons pour rétablir l'ordre , qui, jusqu'à cet événement, n'avait pas encore été troublé. Stôger lui-même avait prudemment pris la fuite, et s'était retiré, en attendant le résultat, dans un hôtet garni de la ville.

Le soir du 8, M. Lambrechtz, nouveau recteur de l'université, &' efforça de calmer .les élèves par toute sorte de bonnes paroles, et en feignant même d'embrasser leur parti. « S'il en est ainsi, lui répondirentils, et si vous êtes véritablement notre ami, faites en sorte que M. Stôger et les autres profanateurs de l'Église, MM. le Plat, Maran et Mazière, soient déposés et chassés. »

Le cardinal, ayant appris cet événement, envoya 8tir-le-champ son secrétaire, M. l'abbé Van-den-Brand, ^ Louvain, et exhorta, par une lettre touchante, les

IS MESURES BâRBAHEÇ

élèves à se mootrer calmes et résignés^ les assurant que les évéques porteraient immédiatemeut leursi justes plaintes jusqu'au trône de Sa Msyesté, afin de mettre un terme aux excès scandaleux dont s'étaient rendus coupables contre eux les professeurs non. moins que les recteiu's de ce nouvel institut.

Les pieux habitants de Louvain prirent eux-mêmes la part la plus vive au sort des malheureux séminaristes, et commencèrent à menacer de venger à main armée les outrages qu'on Iqur avait faits. Le gouvernementy qui craignait qu'ils ne le fissent effectivement, augBpienta la garnison de Louvain , et fit venir de Bruxelles et de Namur quelques détachements d'infanterie, de chasseurs et de dragons ; il arriva mêpie six canons de Malines, qui, jour et nuit, étaient continuellement braqués sur la place coptre le séminaire général. Les chasseurs et les dragons entrèrent dans le séminaire avec leurs armes chargées et l'épée nue, et s'emparèrent de dix-sept élèves des plus anciens, soupçonnés d'avoir été. les fauteurs de la révolte. Ces derniers furent consignés dans leurs chambres pendant plusieurs jours, condamnés au pain et à Tenu, et gardés à vue par les soldats. On voulait même- sévir plus fortement encore contre eux ; mais M. le comte d'Arberg, oC&cier qui commandait les troupes, plus bumain que ces prêtres, refusa d'exécuter des ordres où le barbare le disputait au ridicule, et se prononça por bliquement en faveur des séminaristes opprimés.

Dans cet intervalle, une nouvelle commission impé riale, composée de trois membres du conseil de Brs ibant, arriva à Louvain, et fit parmi Les séminariste une enquête rigoureuse au sujet des désordres q[i^

avaient eu liea. Cette enquête dura trois jours, et se termina par uu fait odieux; car, à sa suite, vingt^cinq jeanes théologiens furent saisis à minuit, surpris pendant leur sommeil, et jetés dans les cachots de Tét^J^lisfiament..

Le jour suivant , on fouilla minutieusement toutes les chambres des autres élèves, et on leur enleva tous les bons livres catholiques qu'ils avaient apportés de leurs séminaires, et qui étaient contraires aux principes enseignés par leurs nouveaux maîtres. Cet acte de violence ne contribua pas peu à augmenter leur mécontentement, lequel monta à son comble quand Stoger, qui était alors revenu de sa peur, essaya de les contraindre d'assister de nouveau au cours de le Plat et des autres professeurs ; mais rien ne put les y décider. Quant à le Plat, ils lui signifièrent nettement qu'ils i^ paraîtraient jamais aux leçons d'un homme qui enseignait les erreurs d'Ëybel, condamnées récemment par Pie VI dans sa bulle célèbre, Super soliditatey du 28 novembre de cette même année ; d'un homme qui professait ouvertement les cinq propositions de Jansénius, et qui ne faisait aucun cas de la constitution Vnige^ nitus. a Ce serait, disaient-ils, aussi contraire à notre conscience qu^au serment que nous avons prêté à no«tre entrée dans le séminaire. » Stoger, à ces mots, entra en fureur-: .«« Comment! quelle erreur vous est enseignée ? » leur disait-il. « Vous avez tous une conscience erronée; tous les évéques d'Allemagne, et de biea d'autres pays encore, suivent les principes d'Eybel ^tde Pechem :.la condamnation d'Ë^bel, faite par le pape, n'a aucune valeur, jusqu'à ce qu'elle ait été re- ^^lae du placez impérial. Sachez encore que les papes

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