‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 18 sur 58 · REPRÉSENTATIONS ET PROTESTATIONS · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS ET PROTESTATIONS

mcfîre à la fois. concis et détaillé , en paroles énergi* ques et respectueuses, en faveur du rétablissement de l'ancienne université de Louvain et des séminaires épiscopaux; il démontre dans, cette pièce combien, par la suppression de ces établissements, avaient. été profondément violés , non-seulement les droits religieux , mais aussi la constitution politique de la province (1).

L'aspect des provinces devenait chaque jour plus menaçait , le mécontentement s^augmentait d'heure en heure; et les plaintes contre la double oppression politique et religieuse,, croissant sans cesse, devinrent bientôt d'autant plus sérieuses, qu'on ne voyait le gou- Yernement prendre aucun moyen d'y porter remède, oiniéme manifester la volonté de donner satisfaction aux justes demandes qui lui étaient adressées. Dans cette triste conjoncture, les éta(s de Brabant prirrat de Douveau la parole^ et donnèrent connaissance à l'empereur, dans un rapport écrit sous la date du. 23 juin, des dangers prochains dont la tranquillité publique était menacée dans ces provinces, si Ton ne se hâtait d'apaiser les esprits du peuple au sujet des malheureuses innovations ecclésiastiques, et de satisfaire à son désir de. voir le séminaire général immédiatement supprimé, et Tépiscopat rétabli dans la légitime et sacrée.possession de ses droits (1).

Des voix généreuses s'élevèrent encore dans cette illustre assemblée, et tracèrent avec une mâle élo- ^ence et un courage imperturbable le tableau des honteux empiétements et des persécutions dont la reli-

(1) Rec. IV, p. 9-26, et en extraits; Vœu, p. 111, 117.

114 bll^COURS PRONONCÉ

^t>n et 1^ làuiistrés avaietit jusqu'alors sotifféft. On y {yarla Wè^i de l^odieuse expulsion du nonce apostolititie, tjttt avait été provoquée par la cotottiission ecclèsiàstit}ttÉ tBt léâ hommes de la nouvelle école de Lôo^ vftin. NôtlB ne pouVôhs nous, défendre de donner îd, de Tun des discours qui y furent prononcés^ quelques extraits qui feront admirablement connaître Tesprît re^ ligieux de ce peuple si rempli de générosité, et Texaspératiote 'daiis laquelle se trouvaient alors les esprits :

ti Le grand et magnifique travail, c'est ainsi que To** ratéur s'exprime, que celui qui relève les ruineîf d^unô brave nation, iqui restitue les propriétés, qui rétablît sa liberté, qui restaure sa religiofi, qui met en fuite ses oppresseurs, qui réintègre les vrais citoyens, qui ratoène Tondre et la sécurité générale ! Mais, en contemplant avec autant d'admiration que de gratitude ctt immortel ouvrage, j'aperçois un objet de la plfls grave importance sur lequel les regards des pères de la patrie ne sont pas encore arrêtés.

« Le quatorzième dé février, jour affligeant pouf lô prèteîer pontife des chrétiens, pour tous les représèhtants des souverains , pour tous les bons catholiques de ce pays, oh a vu le ministre et le légat du siège de Bome chassé de cette capitale sans aucune raison' ni grief même apparent , avec un abus et une morgue de pouvoirs dont il n'y a pas d'exemple chefc aucune niition de la terre.

<c De qui cette inique et brutale démarche est-elle l'ouvrage? N'accusons point le grand prince qui, à trois cents lieues de cette scène de ténèbres, ti^a pu en pénétrer le mystère, et qui, comme tous ceux que la Providence condamne à la souveraineté, est exposé

Aax ÉTATIS DE «UBÀNT. tl5

anx artifices de la méchanceté. Nous saTons , hélas! dans quelles mains était alors la pnissance... Rentrés, pour me servir d'une image de rÉeriture, rentrés au premier rayon de Faurore, comme les animaux féroces dans la nuit des forêts, ces hommes funestes n^existent plus parmi nous. Mais pourquoi les ofTets de leurs fo^ taies opérations subsistent-ils ^loore?

« Écoutons un moment cette dépêche de proscription qui retrace si bien celles des Rufla et des Séjan ; gra* Ton8-nou9-en toutes les paroles dans Fesprit, poui^ n^ou* blier jamais de quel gouffre ont été tirés par vos mains la liberté et ^honneur de ce pays :

« Sa Majesté, sur le rapport qu'elle a eu de votre t eohduite dans l'affaire de la buUe qui porte condam- « nation de l'ouvrage d'Eybel ,' veut que, dans le terme « de huit jours, vous vous retiriez avec votre auditeuf c hors de Bruxelles , et dans quinze jours hors des « provinces belgiques de sa domination. »

«Voilà donc un ambassadeur, un archevêque*, im nonce apostolique, condamné et exilé sur un rap* port. Mais quel est ce rapport , par qui est-il fait, par qui est-il vérifié ? Et sur quel genre de rapport est-il permis de traiter ainsi un ministre public , revêtu de tout ce qui peut rendre respectable le droit des gens?

n Le rapport est Vouvrage de ces homriies traîtres à la patrie, dent aucun n'oserait paraître devant cette assemblée,' ni devant aucun tribunal où régnent la vérité et la justice, de ces hommes dont l'accusation suffit pour absoudre l'accusé, et pour devenir, comme les décrets de Néron, une preuve d^innocence et de vwtu. du rapport est un mensonge formel. L'envoyé

116 DISCOURS 1>ROÏ(ONGÉ

du pape n'a fait, avec le bref contre Ëybel, que ce que ses prédécesseurs ont fait constamment avec toi» les décrets pontificaux. Il en a fait imprimer le nombre nécessaire à Tinstruction des catholiques d^ Angleterre et de Hollande ; il ne les a pas fait imprimer pour les Pays-Bas, il ne les a pas distribués aux Pays-Bas. Et quand il l'aurait fait, il se serait conformé aux lois de rÉtat, qui ne veulent pas que les décrets dogmatiques soient munis d^un placet... Quelle est donc Ténormité d'imposture qui égale celle qui règne dans ce Rapport?

ce Mais de quelle nature est ce bref^ que ies séduo'^ teurs des jeunes théologiens ont accusé d'avoir fait déserter le séminaire général , que l'auteur d'un billet adressé aux envoyés des puissances souveraines , résidant dans cette capitale, accuse de contenir des principes contraires aux droits et privilèges de l'Église bet gique? C'est un décret du pape, reçu sans contradiction dans tout le monde catholique , répandu sans aucan murmure dans tous les Etats héréditaires d'Autriche, un décret qui établitla primauté du pape et son autorité dans toute retendue de l'Église chrétienne^ Eh! quel rapport aurait une si ancienne, vérité, un des dogmes fondamentaux de la vraie religion , «avec la désertion du séminaire? Quelle opposition auraitnelle avec l'Église belgique?... Mais quoi! (et quelle triste réflexion me frappe en ce moment!) il est donc vrai, il est donc prouvé,, par l'aveu formel des membres de la conspiration, que le plan était arrêté d'éteindre dans l'âme de nos enfants la lumière de la foi, de détacher l'Église belgique de la doctrine et de Tunion catholiqueU*. Bénissons la Providence, qui , dans le mom^t

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