‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 20 sur 58 · LETTRE DES ÉTATS DE FLANDRE · texte numérisé non relu

LETTRE DES ÉTATS DE FLANDRE

états de Flandre, dans leur adresse du 3 octobre àrl'em^ pereur ; ils s'expriment d'une manière touchante.

« Sire, » lui disent-ils / « il est donc arrivé ce Jour (21 septembre 178^7) à jamaid mémorable dans nos fastes y auquel Votre Majesté nous rend à nos constitutions; ce jour, auquel les lois fondamentales, les privilèges et les franchises d'une nation fidèle, ont été rassurés pour jamais; ce jour enfin où la religion va reprendre ises droits, et où tous les ordres de l'État ont trouvé le terme de leurs inquiétudes ; jour heureux pour la génération présente et pour les générations ftitures ! Mais , Sire, tandis que Yotre Majesté donne à son cœur la douce satisfaction de laisser un libre cours à sa justice, quelle excellente leçon ne donnet-elle pas aux rois ses contemporains, et à ceux qui après elle ' occuperont le trône !• Vous leur apprenez, Sire, combien ils doivent se défier de la surprise et des projets des prétendus réformateurs d'abus, qui environnent les trônes pour jeter, par leurs plans ambitieux, un peuple heureux, du faite du bonheur dans l'abtme le plus profond d'avilissement et de misère. Votre Majesté donne également Texemple de la sagesse d'un grand roi, lorsqu'elle accueille avec bonté les réclamations fermes et équitablèsi d'une nation entière, à laquelle il n'y a pas d'humiliations qu'on n'ait fait essuyer pour étouffer sa voix. Ah! Sire, si dans ce moment vous pouviez lire dans nos cœurs, vous y trouveriez gravés en caractères ineffaçables ces sentiments de reconnaissance , que l'on sent bien miea:3c: qu'on ne les saurait exprimer. Que n'êtes-vous. Sire, en ce moment témoin de Tépanchement de tout un peuple qui sent ce qu'il a recouvré , parce qu'il sen-

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tait ce qu'il allait perdre; vous verriez, Sire, nos concitoyens s'embrasser, se féliciter les uns les autres, les épouses applaudir aux travaux de leurs époux, et les enfants bénir la mémoire de leurs pères, pour leur avoir conservé intact l'héritage de leurs aïeux, et les heureuses constitutions qui le leur assurent. C'est au milieu de toutes ces marques éclatantes de la joie la plus pure que vous entendriez , Sire , retentir les airs de votre nom , et le peuple adresser avec ferveur ses vœux au ciel pour vivre longtemps sous les lois d'un prince aussi juste.

^•« Et comme tout ce qui retrace à ses yeux Pimage de votre auguste personne^ forme d'abord l'objet de sa vénération et de son amour, Votre Majesté se fera aisément une idée de l'empressement général de revoir parmi nous ce couple auguste , qui nous est attaché, Sire, par les liens les plus sacrés, ce Nous sentons , Sire , ce qu'il en coûtera à Leurs • Altesses Royales de se séparer de Votre Majesté ; mais si, pour rendre leur départ plus consolant. Votre JMaj jesté'y attache la levée effective des entraves apportées à la juridiction et aux prérogatives des évêques , le ^établissement du clergé tant séculier que régulier ^ns ses droits , le redressement des atteintes que la discipline de l'Église a souffertes, enfin celui des entres infractions faites à la constitution dont Votre ^Bjesté promet de faire traiter avec les états , nous espérons que ces Sérénissimes Princes, pour coucou-

^^^ efficacement aux vues bienfaisantes de Votre Ma-

J^t6> daigneront faire ce sacrifice à leur sensibilité, en ^veur d'un peuple aussi inviolablement attaché à 'auguste maison d'Autriche. »

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