CHAPITRE IV
La réosTertnre do gémlnalre général échoae par la femwCé 4e, l*é pl w s i i i it €t 4M èlatt.' — COiAobffe «t noverabn 1787.)
SOIIMAIRE.
Nouveaux eiïorts du gouvernement pour soutenir le séminaire gépéral.^ Inutile protestation des états de Brabaiit (8 octobre) de même que (15-16« 19 t)ctobre)-de ceux de Namur» Toamay et Fiaadre. — - On abl^ di mwveau les évéques d'envoyer leurs élèves à Louvain pour le l*'. novembre.^ Leur protestation. — Celle (2^ novembre) des états de Brabant. — Défeon da oiergé belge , par ces derniers, contre les cafomnies dn goavemenMil. -- Les états de Malines et .les supérieur^ des ordres religieux assodail leurs efforts à ceux diss états de Brabant. — Magnifique défense (les séniinaû^s épiscopanx et des universités faite et préseatée (5 tioveasbr^ wt états de Brabant par les membres de rancienne faculté tMéolaglqiit ék Louvain.
Qui aurait jamais pu penser qu'après de pareils ôyé» nements ou eût imaginé encore un moyen de rendre illusoires les promesses solennelles de Tempereur, et vaines les espérances du peuple de Belgique? C'est^là pourtant ce qui arriva; et cela encore fut Tceuvre do ces prêtres afTreux et de ces illuminés ennemis des autels et du trône. Ce furent eux qui poussèrent Id gouvernement à tenter d'ouvrir une troisième fois te séminaire général ; fatale mesure qui j en déshonorante à jamais le nom de Joseph II. aux yeux de la Belgique et de toute la chrétienté, arracha encore à sa domi — nation cette belle et riche province, Ils voulaient maiiir-
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tenir à tout prix^ le sémlMirô général/ ôand se sonder que la mémoire de leur souverain f&t, ou non, couverte d'un manteau d'ignominie et poursuivie de la malédiction des peuples , et que Temi^re d'Autriche perdu un de ses pluâ he^LtàX apanages.
Les Belges, instruits par une lon^e et amèrô expé^ Hênce, pressentirent ce qui allait avoir lieu, et entrèrent encore en lice avec une vigueur nouvelle pour défendre la foi de leurs pères. L'épiscopât, heureux d'avoir recouvré son vénérable chef, et soutenu par lui, s'associa ^ux représentants de la nation dans cette guerre sainte. Ici commence la vraie lutte pour conwrver la liberté de l'Église, maintenir l'intégrité de Il foi et arracher aux mains du pouvoir civil l'énseigtrenîent de la jeunesse ecclésiastique et séculière. Quel spectacle grandiose ! Suivons pas à pas cette na^^ tion magnanime dans son énergique combat pour Ha conservation de ces biens précieux de l'humanité, seuls grands, seuls saints, seuls impérissables.
Aux états de Brabant était encore réservé l'honneu^ (te prendre les premiers la parole. Ils envoyèrent à l'empereur, le 8 octobre, un exposé détaillé de tous les attentats qui avaient été commis en son nom au préjudice des droits et de la liberté de l'Église, et le Wpplièrent d'y porter remède, conformément aux protteases qu'il avait "faites, soit de vive voix aux députés de Belgique, soit par l'organe do son ministre plénipotentiaire, le comte dé Murray. Parmi ces attentats, tlisaient-ils , aucun n'avait été plus énorme et plus seasible que celui d'essayer encore la ré)3uverture du séminaire général, au mépris de la répulsion unanime ^6 tout un peuple. Et après avoir démontré de nouveau
combiea était insensée une pareille entreprise, ils continuent en ces termes (1) : a Ce plan a été suggéra à Votre Majesté pour établir Tunité dans renseignement, dans la discipline et jusque dans la morale ; mais, Sire^ qui pourrait assurer que^ deux élèves assistant aux mêmes leçons publiques goûteront les mêmes rajsonsy les mêmes règles, la même norme, et qu'ils ne tireront pas du même principe des conclusions opposées? Tel est le type y telle est la trempe de l'entendement humain,; celui qui pourrait as^miler tous les esprits, rendrait plus facilement sans dissemblance tous les corps qui existent dans la matière.
a Si Ton renionte aux beaux siècles de J'Église, ron voit les évêques formant dans leur propre maison . les jeunes ecclésiastiques au saint ministère ; jamais Tospoir et la succession du sacerdoce n'étaient, confiés à des mains étrangères : renseignement a toujours appartenu de droit divin aux évêques ; c'est eux qui reçurent la mission de TËsprit-^aint. Dans cette éducation domestique on s'attachait bien plus à la sainteté des mœurs, propre à sanctifier le peuple de Dieu, qu'au savoir et à l'érudition.
« Gharlemagne, après les dévastations des Barbares, donna des facilités aux évêqaes pour ^établir les séminaires; il n^innpva rien à la discipline ancienne. Le concile de Trente la rappelle à sa pureté : ce saint concile veut que les clercs soient élevés nourseulement sous la direction et sous les yeux de l'ordinaire, mais près de l'église principale , afin que l'évêque puisse par lui-même faire les plus fréquentes indagations sur
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38 mœurs et les qualités des séminaristes. Ce n'est pas ii'il ne soit utile d^enseigner la science théologique vec plus d'appareil, plus d'étendue et de profondeur ans les universités; celles-ci servent et travaillent à onseryer l'intégrité de la foi dans tout son éclat ; les vôquesy les pasteurs y trouvent une lumière resplen* lissante et secourable dans }a conduite de leurs trou^ leaux.
« Sire, si Ton examine le plan du nouveau séminaire lénéral, on trouve qu'il ne remplijt le but ni des sémitaires épiscopaux, ni de l'enseignement public dans les iniversités».
« L'enseignement, la surveillance de la doctrine sont otièrement ôtés aux évéques, et le nouveau séminaire, l^'à dès son berceau^ a présenté les préludes d'une loetrine condamnée il y a longtemps dans ces prô-*' dnces, où elle a excité des troubles , où Ton en con- BflAt les suites dangereuses. Quels désordres, Sire, allaient se glisser dans l'Eglise ; tandis que le ponti* ficat avili , réduit à l'état le plus passif, ne pouvait plus élever la voix !
a Loin qu'on puisse se flatter de faire régner la saf 9* teté des mœurs dans le séminaire général , selon la discipline ancienne , quelle corruption , quelle c6ntagion n'est pas à redouter dans l'assemblage d'un si grand nombre déjeunes gens, dont il* est impossible de reconnaître et les mœurs , et les h£d)itudes, et le caractère !
« Cependant^ Sire, ce seraient ces mêmes individus formés au hasard que les évêques devraient admettre ^' employer au ministère sacré, après avoir été forcés ^ô les envoyer au séminaire, et de leur donner la ton-
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m^Qf San» épreuve canonique, sans avoir éproavé la vocation ) enfin contre la disposition expresse des conciles» 6^U était possible de croire qu^nn plan si étrange put s'exécuta, il amènerait la nullité du ministère éptscopal y l'insubordination des caré6>la subversioa de tout Tordre hiérarchique ; il causerait plus certainement encore le défaut de ministres des autels.
Outre les plaies que. le nouveau séminaire faisait à rÊglise en général, il anéantissait en particulier les abbaye et les ordres religieux. En effet, il fallait avoir achevé le cours de philosophie avant d'être reçu aa séminaire; il fallait y étudier cinq ans^ avant de pouvoir faire le noviciat; dès lors à vingt-sept ans un sujet qui déjà dans d'autres temps, sous d^autres maximes, aurait eu rendu des services essentiels, commençait seule* ment d'être admissible au monastère ; de là l'impossibilité absolue de trouver des novices ; de là Fanéantissement des cloîtres et de cette émulation religieuse entre le clergé séculier et régulier, qui, si Ton consulte l'histoire, paraît avoir servi d'instrument à la Divinité pour conserver plus sûrement la pureté des traditions, et surtout celle des mœurs cléricales.
« Après avoir exposé tous ces obstacles insurmontables du séminaire général, nous ajouterons, Sire, que la réunion projetée de toutes fondations et bourses quelconques à cet établissement est contraire à la loi sacrée des fondations, à l'essence des propriétés, fii ainsi à nos lois constitutives.
(c Nous vous supplions , Sire , par tous les mo* tifs les plus chers à la religion, à votre éclatante piété, à votre amour pour vos sujets , que Votre Ma-