‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 34 sur 58 · AUX ÉTATS · texte numérisé non relu

AUX ÉTATS

preuve la plus complèle, en déclarant que là séminaire de Pavie serait le modèle de celui qu'on établirait dans les Pays-Bas. Or ce séminaire de Pavie §st tellement corrompu en fait de doctrine, que, depuis qu'il existe, à peine en est-il sorti, en matière de théologie, un ouvrage totalement orthodoxe. Ici, on fait du mariage chrétien uoe affaire purement civile , en soustrayant cette union sainte aux règles et aux lois de rÉglise; là, on fait de l'histoire de l'Église une satire contre TÉglise; ailleurs on s'élève contre la sanctification du dimanche ; on $e rit de ceux qui pensent que les œuvres servilas puissent être défendues en aucun temps;

if Et, pour vous donner une notion non suspecte des études de ce séminaire, nous joignons ici Téloge que le gazetier ecclésiastique fait des thèses de 1787. Yo)is y verrez Jusqu'à des capucins raisonner contre le célibat ; et tout ce qui n'y est pas calqué sur les vues delà nouvelle secte est du moins frivole et inutile, et plein de cet esprit de dispute qu'on dit vouloir étouffer parmi nous.

«Et c'est pour nous procurer de telles lumières qu'il faut nous enlever à nos évéques, nous entasser avec autant d'incommodité que d'indécence dans une même maison; chasser les anciens professeurs; rassembler des aventuriers de tout genre ; détruire la plus illustre comme la plus catholique université de TEurope; exercer sur les livres, sur les lettres, une inquisition dont ni le fanatisme ni le despotisme n'Qnt encore donné l'exemple ; violer la foi publique dans Tinlercession des postes, enchainoi* toutes les langues, asservir tous les esprits, sévir contre le courage et la franchise, fiaJrc régner partout l'adulation et la bas-

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sesse; autoriser, encourager la circulation des pias extravagaiHes impiétés, en placer les auteurs dans les premières places de l'administration, et flétrir \es défenseurs des antiques vérités ; mettre partout la contradiction et le désordre à côté de la violence et de l'injustice !

te Plus un tel plan d'opérations présente d'obscurité à la pJremière vue, plus son objet s'éclaircit par la réflexion. Pour établir l'ouvrage des ténèbres, on saisit tous les moyens d'aveugler. Parce qu^on redotite le bon sens d'une grande et illustre nation, on rempêche de voir et d^entendre. On ne cherche pas à édifier, ôtr ne veut que détruire. Dès que la religion catholique sera anéantie, les erreurs s'établiront d'elles-mêmes; il n'est question que de la défaire sans bruit et sous des prétextes assez spécieux pour laisser croire à une imbécile multitude qu'on a des intentions différentes. .

a Tout ce qui se fait de près et de loin ne laisse plus aucun doute sur Texéculion de ce plan. A Vienne, il se réalise avec un éclat qui a fait dire à un voyageur protestant que le clergé avait dans son sein un ser^ pent qui lui causera la mort; que ce serpent est la philosophie sous F apparence de la théologie. A Prague, les séculiers sont juges exclusifs de la doctrine; les évêques (malgré les mensonges que vient d'accumuler sur cet article une feuille asservie au ministère") n'onf que le droit de se plaindre des erreurs qu'on y enseigne; et ilfaut que ces erreurs soient bien grossières, quand les juges laïques, souvent aussi ignorants que corrompus, se croient obligés de les proscrire. A Pistoie, on donne des farces où la sottise et l'erreur se disputent le dessus ; les curés se transforment en évéqûes , un

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