‹ Jean Henri comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines ... et sa lutte pour la libertéChapitre 52 sur 58 · PAR M. LE MAYEUR, AVOCAT · texte numérisé non relu

PAR M. LE MAYEUR, AVOCAT

MagDOS pater multitudinis gentium : non est ioventiu similU illi io ^^oria, qoi oonservavit le- -' gem excelsiy et in tentatione inventna est fidelis.

Eccl., 44*

Qu'à l'autel du Très-Haut le Belge se prosterne) Que le Dieu protecteur dont le bras nous gouverne Reçoive de nos vœux l'hommage solennel 1 Pour préserver sa loi des erreurs étrangères,

Pour éclairer nos frères, Il place dans son temple un nouveau Samuel.

(g) Joannes Heiiricudy ex comilibus de Frankenbenjii^ci^us fides, virtos, constantia et in primis in^gne illud pastoralis sollicitadinis monumentuin, quod vulgatum est sub titulo : Déclaration sur renseignement du séminaire général de Louvaln : Belginm ab errorum et hseresum monstris vindlcavit.

Soas l'effort de son sèle, au son de sa parole, Tombez, sophismes vaias, doctrine impie et foUe, Ouvrage monstrueux d'un siècle novateur :

Comme on vit de Dagon l'idoie méprisable,

Dieu d'argile et de sable, S'éeroul» à l'aspect de Farche du Seigneur !

Et toi qui par sa main, dans ces jours de vertiges, De ton tronc ébranlé vois raffermir les tiges, Arbre majestueux, arbre saint de la foi.

Tu nous couvres encor de ton antique ombrage ;

Tu braveras Forage :

Gdui qui fa planté, rÉternel est pour toi.

Mais quel éclat soudain me frappe et m'illumine ! La splendeur de Sion rayonne dans Maline.

J'aperçois Frankenberg, de pourpre revêtu ; Un disque de lumière environne sa face,

Et l'erreur qu'il terrasse S'épuise en vains effbrts pour ternir 3a vertu.

L'œil fixé sur les lois que leur maître « prescijtes, Les premiers des pasteurs^ léft che& (fa|Mb9 lévites, Sont près de Frankenberg raBgb dMs iè saint lieu, Chacun portant la main sur le livre immuable.

Demeure inébranlable^ Prêt à donner son sang pour la cause de Dieu.

Quelle est dans le Brabant cette mère éplorée (1) Qui gémit dès ennuis dont elle est dévorée?

Où vont ses fils chéris, loin d'elle transplantés ? Ses propres nourrissons outragent sa misère ;

Une race étrangère Remplace les enfants que ses flancs ont portés.

Comment ont succombé, sous les coups de l'impie. Ces cloîtres qu'appuyaient le ciel et la patrie? Le temple est renversé, l'autel saint est détruit ; Les prêtres sont bannis loin des sacrés portiques,

Et leurs divins cantiques Font place aux*ti|ttrlements des vils oiseaux de nuit.

(1) L'université de Louvain.

Pour qui prépare-t-on cet édiGce énorme (1) ? Quels sont ces inconnus* qui prêchent la réforme ? La doctrine est livrée à l'esprit corrupteur; Et la contagion , si fertile en ressources,

Infecte encor les sources (2) Où des peuples entiers iront puiser l'erreur.

Ils ne sont plus ces temps de tristesse et d'alarmes Où vos fiers ennemis insultaient à vos larmes ; £n vain, pour renverser la loi derËternel, Leur ligue a déployé ses ruses les plus fortes :

Tu combats, tu l'emportes, Digne chef de Sion, colonne d'Israël !

Ni des persécuteurs les terribles menaces ,

Ni rhorreur des cachots entr'ouverts sous ses traces ,

N'ont pu de Frankenberg vaincre la piété ;

Il osa des méchants mépriser la furie,

Et le fer de l'imjHe' Eût abattu sa téla et non sa fermeté.

L'arrêt est jpmoneé (S), hâtons-nous d'y souscrire f Malheur à la tafCitilii HffjX l'orgueilleux délire Osera du pasteur Mëcbhnattre les lois !

Malheur au fils ingrat, à Tenfant téméraire

Qui , rebelle à son père, En faveur de Terreur élèvera sa voix !

Donnez des fleurs : j'irai, plein d'un projet plus sage , Du vertueux pontife en joncher le passage ; Mes mains en couvriront son front victorieux. Et toi, brave le temps, échappe à ses ruines,

Saint temple de Malines; Demeure, et dis sa gloire à nos derniers neveux !

* A côté des Ambroise, auprès des Ghrysostome, J'élèverai son buste au sommet de ton dôme.

Là nos Belges émus, femmes, enfants, vieillards,

(1) Le sémioaire géDéral de Loavain.

(2) Les jeunes théologiens^ élèves da séminaire gteéral.

(3) Déclaration de Son Ëminence sur renseignement du séminaire général de Louvain.

298 «on».

S*assembleronl «n tfonpe; et la fbule atteodriê.

De rimage chérie 1^6 pourra détourner set andei regardt^

« Le voilà, diront-ils, ce pasteur vénérable I

« Plus son zèle fut grand, plus sa gloire est durablii

<( 11 fut de notre loi l'inébranlable appui.

« Si nous coulons encor dans la foi de nos pères

<c Des jours purs et prospères, « Ils sont dus à ses soins, nous les tenons de lui* »

Les prêtres du Seigneur, si quelque sombre orage Menace de Sion le paisible héritage, Reprendront dans ce temple un courage nouveau ; Et chacun, à Taspect de son chef intréj^de.

Ira, d'un pas rapide.

Arracher à la mort la brebis et l'agdeau.

Mais avant qu'à l'honneur du prélat magnanime Je travaille à dresser ce monument sublime, Rendons grâces au ciel de nos heureux succès ; Que Tunivers entier célèbre ses lotiaqgeH

Et que la voix des ang§r ^ - Se joigne à nos concerts pour çSadîer ses bienfaits»

Touché de nos douleurs, il brise l'œuvre impie Que tramaient contre lui l'audace et l'hérésie : Le Dieu qui sut punir le profane Ozias Daigne nous accorder son assistance auguste;

Aussi puissant que juste, Il nous rendra l'éclat des jours de Josias (i).

Soyez libres encore, allez, jeunes lévites, Sou^ l'œil de nos prélats, loin des sources proscrites, Au ministère saint former vos tendres cœurs.

Illustres exilés, digne espoir de nos frères.

Remontez dans vos chaires ; Peuples, soyez en paix ; chrétiens, séchez vos pleurs 1

Et vous qui du Très-Haut êtes la noble image, A sa loi les premiers rendez un juste hommage.

(i) Ici se ff buvaient deux strophes que le poëte a retranchées. (Recueil XY, 269.)

Noras. 399

Voulez-vous affermir \t seeptre dans vos mains ? Voulez-Youa assurer sur des bases durables

Vos grandeurs périssables?

O rois^ efaignez le Dieu par qui vous êtes craints!

Séjour d'afQietion» Belgique infortunée, Aux maux les plus affreux es-tu donc condamnée? C'est peu de voir tes fils dépouillés ou proscrits : Celui de qui les rois tiennent leur diadème,

Ton Dieu« ton Dieu lui^méme^ Verra-t-il comme toi ses droits anéantis?

Ministres des auteist famille auguste et sainte, Qui veillez près du temple et gardez son enceinte, Accourez, défendez la maison du Seigneur 1 Pour détruire sa loi la trame est préparée ;

£t vers Tarche sacrée Héliodore avance un bras profanateur.

Chrétiens, rassurez-vous, vos cris se font entendre; Les prêtres du Très-Haut sont prêts à la défendre. Vous élevez la voix, Arberg, Nélis^ Brenart (1); Toi surtout, LiéhterveGle (S) , exemple de tes frères,

De la foi de nos pères Le plus constant appui , le plus ferme rempart.

Déjà, brûlant d'ardeur, plein du Dieu qui le guide, Frankenberg fait briller son courage intrépide; L'erreur loin du prélat cache son front flétri. Il parle, et, dans l'essor du zèle qui l'embrase,

Joint le feu d'Athanase Au calme, à la douceur du disciple chéri.

Ainsi , de son grand cœur déployant l'énergie. Au milieu d'Israël jadis parut fiiie :

Ainsi, près de l'Ëuphrate, autrefois Daniel, D'un culte mensonger et d'une idole impure

Dévoilant l'imposture , Confondait babyione et les prêtres de Bel.

(1) Les évëques d^Ypres, d'Anvers ei de Bruges.

(2) L'évéque de Namur.

Qu'on ouvre devant moi les fastes de Thistoire : J*y graverai ôes jours d'étemelle mémoire, Où, cité comme Paul au tribunal des rois, Et du ciel comme lui prêchant la loi suprtoe,

Aux pieds de César même (1) , De Dieu , de son Église il soutenait les droits.

O serpent de Terreur, avec quel artifice Tu caches le poison de ta voix séductrice !

Combien tu peux tromper Toeil le piss vertueux ! Des sophismes Subtils de ta bouche profane,

Le ciel qui te condamne.

Seul , pénètre à Finstant les détours tortueux.

Cependant quel était Texcès de ta détresse !

Qu^il en coûtait, Maline, à ta vive tendresse! Vainement à Tautel tu cherchais ton pasteur; Un long crêpe de deuil voilait le sanctuaire,

Et l'autel solitaire Par son aspect lugubre accroissait ta douleur.

Cette voix si touchante, à la brebis chérie, Hélas! n'annonçait plus la parole de vie:

Le grand prêtre ne peut, éloigné du troupeau, Célébrer avec toi la fête solennelle

De la Pâque nouvelle ; Aaron n'assista point au banquet de l'agneau (2).

Citoyens généreux, enfants de la Belgique, Vous qui partagiez tant fallégresse publique Aux jours où le prélat à nos voeux fut rendu , Redoublez vos transports, zélateurs de sa gloire,

Annoncez sa victoire :

Le ciel a triomphé,' l'enfer est confondu 1

(1) Voyage de Son Ëminence à Vienne.

(2) On doit se rappeler qae Son Ëminence demeura éloignée de son diocèse pendant la quinzaine de Pâques.

Rec. XVy p. 269.

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