‹ Jean Henri, comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines, primat de Belgique et sa lutte pour la liberté de l'église et pour les séminares épiscopaux sous l'empereur Joseph IIChapitre 38 sur 104 · DES ÉTATS DE BRABANT · texte numérisé non relu

DES ÉTATS DE BRABANT

les mœurs et les qualités des séminaristes. Ce n’est pas qu’il ne soit utile d’enseigner la science théologique avec plus d’appareil, plus d’étendue et de profondeur dans les universités; celles-ci servent et travaillent à conserver l’intégrité de la foi dans tout son éclat ; les évéques, les pasteurs y trouvent une lumière resplendissante et secourable dans la conduite de leurs troupeaux.

a Sire, si l’on examine le plan du nouveau séminaire général, on trouve qu’il ne remplit le but ni des séminaires épiscopaux, ni de l’enseignement public dans les universités.

« L’enseignement, la surveillance de la doctrine sont entièrement ôtés aux évéques, et le nouveau séminaire, déjà dès son berceau, a présenté les préludes d’une doctrine condamnée il y a longtemps dans ces provinces, où elle a excité des troubles, où l’on en connaît les suites dangereuses. Quels désordres, Sire, allaient se glisser dans l’Église ; tandis que le pontificat avili , réduit à l’état le plus passif, ne pouvait plus élever la voix !

. « Loin qu’on puisse se flatter de faire régner la sainteté des mœurs dans le séminaire général , selon la discipline ancienne, quelle corruption, quelle contagion n’est pas à redouter dans l’assemblage d’un si grand nombre de jeunes gens, dont il est impossible de reconnaître et les mœurs, et les habitudes, et le caractère !

« Cependant, Sire, ce seraient ces mêmes individus formés au hasard que les évêques devraient admettre et employer au ministère sacré, après avoir été forcés de les envoyer au séminaire, et de leur donner la ton-

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htire, Sdh§ ëpreiive canonique, sans avoir éprouvé là vocation, onfin fcontre la disposition expresse des conciles. S’il était possible de croire qu’un plan si étrange pût s’exécuter, il amènerait la nullité du ministère épiscopal , l’insubordination des curés , la subversion de tout l’ordre hiérarchique; il causerait plus certainement encore le défàut de ministres des autels.

« Outré les plaies que le nouveaü séminaire faisait à l’Église etl général, il anéantissait en particulier les abbayes et les brdres religieux. En effet, il fallait avoir achevé le cours de philosophie avant d’étre reçu au séminaire; il fallait y étudier cinq ans, avant de pouvoir faire le noviciat; dès lors à vingt-sept ans un sujet qui déjà dans d’autres temps, sous d’autres maximes, aurait eu rendit des services essentiels, commençait seulement d’ôtro admissible au monastère; dé là l’impossibilité absolue de trouver des novices; de là l’anéantissertieiit des cloîtres et do cette émulation religieusé ©ntre lé clergé séculier et régulier, qui, si l’bn consulté l’histoire, paraît avoir servi d’instrument à la Divinité pour conserver plus sûrement la pureté des traditions, et surtout celle des moeurs cléricales.

« Après avoir expbsé tous ces obstacles insurmontables du séminaire géhéral, nous ajouterons, Sire, que la réunion projetée de toutes fondations et bourses quelconques à cet établissement est contraire à la loi sacrée des fondations, à l’essence des propriétés, cl ainsi à nos lois constitutives.

a Nous vous supplions , Sire , par tous les motifs les plus chers à la religion , à votre éclatante piété, à votre amour pour vos sujets , que Votre Ma-

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