REPRÉSENTATION
pour lors à la même domination : toutes deux approuvent hautement l’institut des séminaires, loin d’en prendre le moindre ombrage.
a Nous avons actuellement sous les yeux une lettre très-énergique , que la faculté de théologie de Louvain écrivit à ce sujet en 1574, le 28 de mars, au nonce apostolique Gaspar Groperrus, où elle se plaint vivement de la lenteur de quelques évêques du pays à donner une entière exécution aux décrets du concile de Trente relativement au môme institut.
a On voit enfin un gouverneur général de ces provinces, et le roi catholique lui-môme, en presser l’exécution par différentes lettres adressées à Corneille Jansénius, évôque de Gand, et à Laurent Melsius , évêque de Bois-le-Duc , et l’on est forcé d’avouer que l’utilité des séminaires des évêques a été reconnue avec cette unanimité de sentiments dans tous les ordres de l’État, qui ne permet pas d’y soupçonner de l’erreur ou de la surprise. Cependant on ne manquait pas d’universités dans ce temps-là , non plus qu’aujourd’hui ; celle de Louvain jouissait même à cette époque de la plus haute considération , principalement pour ce qui regarde l’étude de la théologie ; mais on croyait les universités insuffisantes , comme elles le sont en effet , sans le concours des séminaires particuliers, pour remplir tout le but de l’éducation ecclésiastique et d’un système d’enseignement propre à pourvoir à tous les besoins.
« Rien n’est plus facile que d’en découvrir la raison. Les universités ont été érigées, non pour effleurer, mais pour approfondir les sciences ; et pour co qui regarde en particulier l’enseignement de la théologie, il
de l’université DE LOUVAIN. 145
est certain qu’on n’a pas uniquement en vue d’y former d’excellents et parfaits curés , ainsi que des ministres d’un ordre encore inférieur , mais aussi des prélats et des évêques ; en un mot, des sujets d’un mérite supérieur, capables, au besoin, d’être les défenseurs delà foi; des docteurs assez éclairés et assez instruits pour en former d’autres à leur tour , et pour soutenir avec éclat la saine doctrine contre les efforts de l’incrédulité et de l’hérésie, et de cette foule d’erreurs et d’ennemis qui ne cesseront de combattre l’Église de Jésus-Christ jusqu’à la consommation des siècles. C’est ce qui se prouve évidemment par la bulle d’érection de la faculté de théologie de Louvain même , et par la manière dont en parlent nos sérénissimes princes Albert et Isabelle , dans le célèbre règlement de la visite de l’an 1617, art. 50:
« Conformément au but de ces princes et celui de l’institution de la faculté de théologie, le cours des études doit nécessairement être long dans les universités; il a été d’abord à Louvain de neuf, et il est encore aujourd’hui de sept ans, témoin l’article 61 de la visite, qui est toujours en vigueur.
« Il n’est pas donné à tout le monde de suivre avec fruit, et surtout avec un succès qui réponde à la longueur du travail, un enseignement dirigé vers un but si relevé. Des esprits tout à fait médiocres y prétendraient inutilement; d’autres n’ont pas le temps , d’autres manquent de moyens pour en faire un si long apprentissage ; les besoins de l’Église , ceux des peuples , qui ne peuvent se passer en aucun temps d’un nombre déterminé de ministres et de pasteurs subalternes, ne pourraient guère permettre non plus que