‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 16 sur 84 · BATAILLE DE TORO, ETC · texte numérisé non relu

BATAILLE DE TORO, ETC

perplexité : il ne sait à quoi attribuer la détermination du roi son père, et se demande s'il n'y a point là-dessous quelque trame machiavélique de Louis XI. Cependant, sur l'avis des conseillers de la couronne, il revêt la puissance royale.

Quatre jours plus tard, se promenant sur les bords du Tage avec le duc de Bragance et un évêque de la cour, quel n'est pas son étonnement d'apprendre le retour de son père! Il consulte ses compagnons pour savoir la conduite qu'il a à tenir, et, sur leur réponse, ïl va rendre ses devoirs au roi Alphonse et se contente de reprendre le titre d'infant. ■

Il ne m'appartient pas de sonder les motifs qui amenèrent, de gré ou de force, le monarque à renoncer à la visite des Lieux-Saints; toujours est-il qu'à partir de son retour en Portugal, il ne mena plus qu'une existence pleine de tristesse et de mélancolie. Obligé de signer un traité qui reléguait dans un couvent dona Jeanne dont il avait voulu faire sa seconde épouse, il se retira à Cintra au moment où la peste sévissait dans la capitale de ses Etats, et mourut victime de la contagion, le 28 août 1481, à l'âge de quarante-neuf ans et sept mois.

Dès le lendemain, Jean fut proclamé roi pour la seconde fois; les courtisans marquèrent plus ou moins d'empressement, suivant leurs espérances ou leurs craintes, autour du nouveau maître; le caractère ferme et sévère de l'infant effrayait les ambitieux, mais sa justice rassurait les vrais amis de la nation.

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