CONSPIRATION ET MORT DU DUC DE VISÊO
pas, et en les empêchant de recourir à l'autorité royale. » Voyant que sa perte était résolue, le duc de Bragance ne voulut se prêter k aucun interrogatoire ; il se contenta d'affirmer son droit d'être jugé par ses pairs, c'est-à-dire les princes et seigneurs du royaume dont la loyauté et l'indépendance lui étaient connues. Quant aux commissaires nommés par le roi, il les récusait comme suspects de vénalité. Au bout de vingt-cinq jours, une sentence de mort fut prononcée, La veille de son supplice, don Ferdinand fit ses adieux à sa femme et à ses enfants, et il les exhorta vivement au pardon des injures. Resté seul dans la tour où il était détenu, il s'endormit d'un sommeil paisible; depuis quelque temps déjà il avait mis ordre aux affaires de sa conscience, et, quand le moment décisif fut arrivé, il monta à l'échafaud avec un courage Léroïque. Ceci se passait le 22 juin 1483.
11 ne m'appartient point de juger longuement un événement historique de cette importance; je crois, comme M. Ferdinand Denis, qui a écrit d'une manière si intéressante sur le Portugal, que la gloire de Jean II était intéressée à ménager la vie d'un homme aussi illustre par ses ancêtres que par ses grandes actions. Un noble héritier de la famille de Bragance régnant aujourd'hui à Lisbonne, il me semble bon de jeter un voile de deuil sur les malheurs de sa maison, pour ne songer qu'aux bienfaits que le roi don Luiz I er se plaît à répandre sur ses fidèles sujets.