‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 28 sur 84 · X. — LE CAP DE BONUS-ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

X. — LE CAP DE BONUS-ESPÉRANCE

Diego Cam avait dépassé les limites du Congo; il était réservé à d'autres d'aller encore plus loin. Le 2 août 1446, deux navires de cinquante tonneaux chacun, suivis d'une embarcation chargée de. vivres, partaient de Lisbonne sous le commandement en chef de Barthélémy Diaz, gentilhomme distingué, qui avait déjà fait ses preuves dans les excursions lointaines. L'équipage était composé d'hommes aguerris aux dangers de la navigation.

Jusqu'au fort de la Mina, il n'y avait qu'à suivre la route connue, mais au delà des parages visités par Cam, se présentaient des côtes que nul navigateur n'avait encore explorées. Aussi, à chaque baie, à chaque embouchure de rivière où il pouvait jeter l'ancre, Diaz plantait-il une borne aux armes de sa nation, selon l'usage d'alors, en signe de prise de possession.

Plus hardi que ses prédécesseurs, il ne craint pas de perdre la terre de vue pour s'élancer dans les solitudes sans fin de l'immense océan. Ayant laissé sur les dernières limites de la Guinée la caravelle pourvue du ravitaillement, l'intrépide marin commence par se diriger au nord et ne tarde pas à s'apercevoir d'un changement presque subit de température. Le vent souffle avec furie r il faut carguer les voiles qui offrent le plus de prise à l'ouragan et se tenir à la cape. Ballottés par les vagues, dont les brusques mouvements soulèvent et creusent tour à tour une mer déchaînée, les deux navires sont bientôt dispersés; la nuit, en amenant les ténèbres, ajoute encore de nouveaux périls à la situation déjà si effrayante des explorateurs portugais* Toujours calme au milieu de l'orage, Diaz ordonne de gouverner à l'est; puis, lorsque le soleil paraît à l'horizon, il découvre, à une faible dis-

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