EXPLORATION PAR TERRE, ETC
cour, mais je ne puis croire qu'un .souverain aussi appréciateur des services rendus que Tétait le roi de Portugal ait négligé de récompenser celui qui fraya la voie à la conquête des Indes orientales.
Il est vrai que la découverte du cap fut la dernière des grandes entreprises maritimes du règne de Jean II. Emmanuel, son successeur, semble s'être peu souvenu de Diaz qui, à la suite de Vasco de Gama, ne montait qu'une simple caravelle et ne fut point autorisé à aller au delà des îles du cap Vert. Par une fatalité étrange, ce courageux navigateur revenant du Brésil, où il s'était distingué sous les ordres d'Alvarez Cabrai, périt dans une tempête au cap de Bonne-Espérance, sur le théâtre même de sa première gloire.
Dès avant le retour de Diaz, Jean II avait songé à une expédition par terre au pays du fameux prêtre royal, dont il espérait le concours pour s'ouvrir la route de ' l'Hindoustan. L'insuccès de ses deux envoyés à Jérusalem, loin de le déconcerter, n'avait fait qu'augmenter le désir qu'il avait de réussir dans cette entreprise. Toutefois, il prend mieux ses mesures.
Comme nous l'avons dit, la connaissance de l'arabe, ou mieux de l'algavaria, idiome très répandu alors, pouvait seule assurer la réussite de la mission. Or, il y avait en ce moment à la cour un gentilhomme nommé Pierre de Covilhan, qui possédait parfaitement cette langue et avait beaucoup voyagé. On lui adjoignit un autre chevalier appelé Alphonse de Païva, et bientôt le jour de leur départ fut décidé.
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