EXPLORATION PAR TERRE
de lettres de recommandation, quittèrent le palais de S^ntarem pour se rendre à Naples, où ils ne passèrent que le temps strictement nécessaire aux renseignements dont ils avaient besoin pour gagner l'Egypte. Ils s'embarquèrent ppur Rhodes, et là les chevaliers de Saint- Jean leur fournirent les moyens de passer à Alexandrie.
Cette ville, qui remonte à Tan 332 avant Jésus-Christ, et qui porte le nom de son fondateur, possédait, à l'époque de sa splendeur, près d'un million d'habitants ; elle déchut sous la domination des Turcs, mais le coup le plus fatal pour son commerce sera, à la fin du XV* siècle, la découverte de la route des Indes par le cap de Bonne- Espérance.
On était, pour ainsi dire, à la veille de cet événement lors de l'arrivée des gentilshommes portugais dans la cité d'Alexandre le Grand, puisque,, dix ans plus tard, l'expédition de Vasco de Gama faisait abandonner le chemin de l'Asie par l'Egypte.
Un incident imprévu faillit faire échouer une seconde fois les projets du roi de Portugal touchant la recherche des Etats du prêtre Jean. Pierre de Covilhan et Alphonse de Païva tombèrent malades sous l'influence de la chaleur excessive de l'été, et coururent même le danger de perdre la vie par suite des fièvres pernicieuses qu'ils avaient contractées. Ils finirent néanmoins par se rétablir; et, aussitôt leurs forces revenues, ils partirent pour le Caire, où ils firent la rencontre d'une caravane de Maures qui se rendaient à Aden sur la côte méridionale de l'Arabie, prèé de l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb.
Arrivés à Tor, à l'entrée du golfe de Suez, les deux voyageurs .portugais se séparèrent, en se donnant rendez-vous dans un an. Ils devaient, au bout de ce temps, qui paraissait suffisant à l'accomplissement de lejur mission, se retrouver au Caire et de là regagner leur patrie.
Païva, au milieu de mille dangers, traverse la Haute- Egypte en remontant le cours du Nil, s'engage parmi les