‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 34 sur 84 · EXPLORATION* PAR TERRE · texte numérisé non relu

EXPLORATION* PAR TERRE

, Comme, rallumant les éclairs de leur ailes,

Mille insectes légers, vivantes 'étincelles, Mille oiseaux qu'à l'éclat de leurs fraîches couleurs, Mes yeux dans le feuillage avaient pris pour des fleurs, Se jouant sur l'émail des lianes fleuries, Semaient leurs rideaux verts du feu des pierreries. J'ai cru voir dans les bois, de leur reflet paré Voltiger du saphir le rayon azuré, L'opale aux flammes d'or, l'hyacinthe vermeille... Mais de ce songe aimable un chant léger m'éveille; La voix du bengali soupire avec douceur, Et son soupir ressemble au parfum d'une neur.

Cependant sous mes pas s'allume la poussière ; L'azur des mers rayonne; un voile de lumière, D'un ciel rouge et pareil au rubis enflammé, Sur mes yeux éblouis s'abaisse... Accoutumé Aux frais abris des Bois, mon front se réfugie Sous d'épais lafeniers, dont la feuille élargie, Cercle toujours mobile, en rayons divisé, Brise les traits du jour, et dans l'air embrasé, * Sur un pivot flexible, éventail de verdure,

Cède aux soupirs des vents et redit leur murmure.

De Cananor, ville relativement peu considérable, Pierre de Covilhan se rend à Çalicut, qui a donné son nom aux toiles de coton dites calicots, et qui, par divers submergements, a été considérablement amoindrie. Il passe ensuite à Goa, destinée à devenir la capitale des possessions portugaises dans les Indes.

Située à la pointe nord de File de ce nom, Goa était déjà, à cette époque, un important centre de commerce. Elle fut, ainsi que ses environs, peuplée par une colonie de marchands chassés du Malabar, si Ton en croit une tradition locale; lorsque don Alphonse d'Albuquerque s'en empara en 1510, elle était au pouvoir des Arabes. On y voit encore le tombeau dé saint François Xavier, mais, de l'opulente cité du XVI* siècle, il ne reste que bien peu de traces.

Ce n'était guère dans les mosquées musulmanes, ni dans les pagodes indiennes, que Covilhan pouvait avoir des nouvelles du prêtre Jean ; aussi s'adressait-il de préférence aux voyageurs instruits qu'il rencontrait. Beau-

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