‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 35 sur 84 · DE LA ROUTE DES INDES · texte numérisé non relu

DE LA ROUTE DES INDES

coup avaient entendu parler du roi-pontife comme d'un personnage fameux, mais personne ne savait au juste où se trouvait son empire.

Quittant donc Goa, l'explorateur portugais, heureux de pouvoir rendre compte à son souverain des choses de Tlnde, effectue son retour par la Perse et l'Arabie, et se rend à Sofala, à l'entrée du canal de Mozambique, où il espère trouver le moyen de regagner l'Egypte. Si, là encore, il ne peut obtenir de renseignements précis sur la demeure du monarque légendaire qu'il cherche à cor et à cri$, il se met du moins au courant du trafic de poudre d'or et de dents d'éléphants, qui doit enrichir plus tard ses compatriotes.

Revenu à Aden, Pierre de Covilhan se hâte de partir pour le Caire, où il compte revoir Alphonse de Païva. Celui-ci, en effet, était arrivé à ce heu de réunion quelque temps avant lui; mais, hélas! une maladie cruelle l'avait emporté. En apprenant la mort de son compagnon, le brave gentilhomme éprouve une douleur profonde, et ne songe plus qu'à s'embarquer au plus tôt pour le Portugal. Quant aux lettres et papiers du défunt, nul ne sait ce quïls sont devenus.

Au moment où l'ambassadeur survivant se préparait à prendre le chemin d'Alexandrie, deux juifs espagnols vinrent inopinément le faire changer de résolution. Quels sont ces hommes qui se disent envoyés de Jean II? L'un, Rabi Abraham, est natif de Béja, dans la province d'Aléntéjo, et paraît instruit; l'autre, nommé Joseph, dont l'origine m'est inconnue, exerce l'humble profession de cordonnier à Lamégo, dans le district de Beira. Il s'agit maintenant de savoir en quoi consiste leur mission.

Dans l'entretien secret qu'ils eurent avec Pierre de Covilhan, ils lui dirent ce qui suit : Ayant appris que le roi de Portugal désirait vivement connaître ce qui se passait dans l'Inde, Joseph, que l'amour des voyages avait conduit jusqu'à BagJad, dans la Turquie d'Asie, était

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