‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 51 sur 84 · ŒUVRES PIES DE JEAN II · texte numérisé non relu

ŒUVRES PIES DE JEAN II

gnant d'être forcés au travail, s'enfuient de la ville et même du royaume.

Les cérémonies religieuses étaient fort suivies à la cour; cependant, afin de leur donner plus de relief Jean II institua, avec l'autorisation du souverain pontife, un chapitre ayant à sa tête un grand aumônier et un doyen, pour le service de la chapelle du palais. Le choix du premier dignitaire tomba sur don Diego Ortiz, évêque de Tanger, que son rare mérite avait mis en lumière. Une maîtrise, sous la direction d'excellents musiciens, formait un chœur de chant, de sorte que les offices se faisaient là comme dans les églises cathédrales.

Le couvent, connu sous le nom de Santos, avait été primitivement occupé par des religieuses de stricte observance. Depuis que les chevaliers de Saint -Jacques n'étaient plus astreints au célibat, il servait de retraite aux femmes et aux filles de ces guerriers, pendant leurs expéditions militaires. Devenu insuffisant pour le nombre de pensionnaires qui y avaient droit, cet établissement réclamait de plus vastes proportions; c'est ce à quoi travailla activement le roi pendant les années 1493 et 1494.

Non content de transférer à une place plus en rapport avec son caractère monumental, l'asile réservé aux familles des défenseurs de l'Etat, il lui donna des constitutions pleines de sagesse. En outre, pour faciliter aux troupes en garnison les exercices de piété, il fit établir des aumôniers dans les forts et casernes; il exhortait vivement les officiers et les soldats à entendre la sainte messe avant d'aller au combat.. « Celui qui expose sa vie pour l'honneur de son pays, leur disait-il, doit être toujours prêt à paraître devant le tribunal de Dieu. »

Un incident, peu important par lui-même, faillit amener une rupture avec la France. En ce temps-là, la police des mers laissait encore beaucoup à désirer ; or, il arriva que quelques croiseurs français s'emparèrent d'une cara-

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