‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 52 sur 84 · DIVISION DES PAYS CONQUIS · texte numérisé non relu

DIVISION DES PAYS CONQUIS

Telle portugaise revenant de Saint-Georges de la Mina, et la mirent au pillage. C'était, à la vérité, un acte repréhensible, mais qui, de nos jours, ne constituerait point un cas de guerre. Il suffirait de recourir aux voies diplomatiques pour obtenir une juste réparation.

Jean II, informé de cet acte de piraterie, ne recourt point aux moyens ordinaires de procédure; de sa propre autorité, et sans avis préalable, il fait mettre l'embargo -sur les navires de nationalité française qui se trouvent dans les eaux du Portugal. Il y en avait dix à Lisbonne et un assez grand nombre dans les autres ports; tous sont frappés d'internement.

' Les armateurs se plaignent; les marchands portugais eux-mêmes réclament contre les entraves apportées à leur négoce; le roi demeure inflexible. Cet habile politique sait que la France est en ce moment en butte à de grands embarras; il profite de la circonstance pour faire éclater aux yeux de ses sujets le prestige de son pouvoir.

En effet, Charles VIII qui, dans un autre temps, ne se serait point laissé braver en vain, avait à la fois à soutenir ses prétentions au royaume de Naples et les efforts des Castillans qui revendiquaient le Roussillon et la Cerdagne. Dafns ces conjonctures, il se montra très conciliant à l'égard du roi de Portugal. Non-seulement il lui fit rendre la caravelle avec force excuses, mais encore il agréer toutes les satisfactions qui lui furent demandées.

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