PROBITÉ DE JEAN II
C'est par ces actes de probité, que le roi se faisait esti-r mer des grands et des petits. Les premiers, il est vrai, du moins quelques-uns d'entre eux, lui gardaient rancune de la sévérité qu'il avait déployée à leur égard en arrivant au pouvoir; les seconds, qui ne voyaient dans sa conduite que le désir d'alléger leurs charges et de les rendre heureux, applaudissaient sans réserve à tout ce qu'il entreprenait pour le bien de la justice. Mais tous s'accordaient à dire qu'ils avaient sous les yeux un modèle et un père.
Comment, en effet, ne pas admirer un souverain qui se dépensait pour assurer à la noblesse et au peuple des droits inaliénables, puisque le mérite seul en était la base. La faveur et le bon plaisir peuvent créer des situations passagères ; aur yeux du roi, la vertu avait uniquement droit aux récompenses.
Au milieu d'une foule d'occupations, qui n'effrayaient jamais son courage, Jean II songeait à tout. Quand on lui demandait l'établissement de nouveaux ministères, propres à le décharger d'une partie du souci de la chose publique, il répondait : « Les impôts sont déjà bien lourds à la nation ; ménageons les gens qui nous nourrissent par leur travail. »
Il me semble, après cela, qu'on peut appliquer au roi ces paroles d'un de nos grands orateurs : « Le plus grand éloge d'un prince, c'est d'être bon; et les seules choses que le cœur donne, sont celles que la bonté s'attire. » La valeur toute seule ne fait que la gloire du souverain; la bonté fait le bonheur de ses peuples; les victoires ne lui valent que des hommages; la bonté lui gagne les cœurs. C'est pour lui qu'il est conquérant; c'est pour nous qu'il est bon : et la gloire des armes n'ira pas loin, si l'amour des peuples ne la rend immortelle.
Sans doute, Jean II n'était pas sans défauts, mais quel est l'homme ici-bas qui puisse se dire parfait? S'il aimait à immortaliser son nom par de vastes conquêtes, le