‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 69 sur 84 · DERNIÈRE MALADIE ET TESTAMENT. DU ROI · texte numérisé non relu

DERNIÈRE MALADIE ET TESTAMENT. DU ROI

ncurs de l'épiscopat. Le même historien rapporte que le roi s'étant enfermé avec le révérend Père pour vaquer en paix à une affaire aussi grave, la porte de l'appartement avait été sévèrement consignée. Or, le duc -de Béja, qui ignorait ce qui se passait en ce moment, vint rendre visite à Sa Majesté; quand on lui dit que le souverain était occupé avec son confesseur, il refusa de se faire .annoncer. Cette réserve, de la part d'un prince du sang, qui avait ses entrées libres, plut beaucoup au roi lorsqu'il en eut connaissance, et il en manifesta hautement sa satisfaction.

Je ne puis passer sous silence un fait qui, dans sa simplicité, met bien en relief la sincère modestie du bon moine honoré de la confiance de Jean II. Celui-ci lui ayant demandé ce qu'il pouvait faire en sa faveur après le dernier service quïl venait de lui rendre, le disciple de saint François répondit : « Sire, pour moi, je n'ai besoin de rien; j'espère, avec la grâce d'en haut, être toujours fidèle à mon vœu de pauvreté. » Le roi insistant, le religieux lui dit alors que ses compatriotes désirant que le bourg de La Puebla, lieu de sa naissance, fût érigé en cité, il sollicitait pour eux -ce privilège qui depuis longtemps faisait l'objet de leurs vœux*

La seconde tradition concernant le testament de Jean II, ôst celle-ci : Antoine de Faria, secrétaire intime de Sa Majesté, chargé d'écrire sous la dictée du roi l'acte en question, y eut, dit-on, une influence prépondérante. En effet, lorsque le monarque lui ordonna de mettre le nom <le Georges de Lancastre à l'endroit où devait être désigné l'héritier du trône, l'écrivain s'arrêta court, et, tombant aux pieds de son maître, il s'écria : « Ah I si je ne consultais que mes propres intérêts, je vous obéirais -avec plaisir, mais, quand je songe à l'avenir de votre renommée, je ne puis me décider à ratifier de ma main un choix que n'approuverait point la nation. Le duc de Eéja a pour lui le droit de naissance et l'opinion publi-

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