‹ Jean II, roi de PortugalChapitre 72 sur 84 · KORT DE JEAN II · texte numérisé non relu

KORT DE JEAN II

Jugeant sa fin prochaine, le monarque demanda alors qu'on lui dit la vérité sur soo état. L'évêque de Tanger et le prieur d'Ocralo se chargèrent de cette triste mission.

Etant donc entrés dans la chambre où se trouvait le roi accablé par la souffrance, ils se prosternèrent à son chevet, et, au milieu d'un torrent de larmes, ils lui déclarèrent que, à moins d'un miracle de la toute-puissance divine, il ne restait plus à, Sa Majesté que peu de temps à vivre.

Jean II se tourna vers les doux prélats et leur adressa ces mots avec une sérénité étonnante : « La visite que vous me faites, chers amis,, est peu rassurante pour le corps, sujet à toutes les faiblesses de la nature; mais elle est précieuse à l'ârae, qui doit être toujours prête h paraître devant Dieu, Recevez mes sincères remèrcîments pour la démarche pénible que le dévouement chrétien a pu seul vous inspirer; j'espère dans les mérites infinis de la Passion du Sauveur. S'il m'a été donné de reconnaître mes fautes et mes misères, je prie le Père des miséricordes de me les pardonner et de m'introduira dans le sein de sa gloire. »

Désormais tout entier à la pensée de l'éternité, le roi ordonna qu'on retirât les meubles de l'appartement pour y dresser un autel surmonté du crucifix et décoré des images de la sainte Vierge et de saint Jean-Baptiste, b, qui il avait une dévotion particulière. Il se confessa à plusieurs reprises, et toujours avec de grandes marques de contrition. Puis, pour montrer qu'il reconnaissait formellement le duc de Déjà comme héritier de la couronne, il fit rédiger un codicille où le nom de don Emmanuel était consigné deux fois de la manière la plus expresse.

La sollicitude du monarque, déjà au bord de la tombe, s'étendit à tous ses serviteurs, grands et petits. Il les recommanda à la bienveillance de son successeur; da plus, il fit appeler ses domestiques un à un, prit congé

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