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eu pendant leur vie plus d'un trait de ressemblance ces deux hommes célèbres, et tous deux ont fini leurs jours sur un lit d'hôpital.
Comment dépeindre la détresse des dernières années de Camoens ? A mesure qu'il avance en âge, ses besoins augmentent, et sa misère devient plus poignante. Logé dans une petite chambre près de l'église de Santa- Anna, il endure sans se plaindre les plus dures privations ; il aime à passer ses soirées dans le couvent des Dominicains, dont il est voisin, et il trouve dans la conversation des révérends Pères un charme qui lui fait oublier les ennuis de sa pénible situation. Il en est bientôt réduit à vivre d'aumônes ; son fidèle Antonio, le nègre de Java qui l'a suivi, va, à l'entrée de la nuit, tendre la main aux passants pour subvenir à la nourriture de son maître; une pauvre mulâtresse des Antilles, Barbara, est touchée de compassion : elle vend des fruits dans les rues de Lisbonne ; elle en donne au poète malheureux pour soulager, autant qu'il est en elle, un si triste dénûment.
Antonio meurt; Camoens tombe gravement malade, ,ct, privé de toute ressource, il est transporté à l'hospice des indigents. Ecoutons avec quelle résignation il parle de son état : « Vit-on jamais, dit-il, un misérable grabat devenir le théâtre d'aussi grandes infortunes? Et loin d'accuser les rigueurs du sort, je prends son parti contre moi, je lui abandonne sa victime. Il y aurait trop d'orgueil à vouloir résister à tant de maux. » Soumis à la volonté de Dieu, qui sait rendre à chacun selon ses œuvres dans un monde meilleur, Camoens attend avec une patience héroïque le terme de ses souffrances, et trouve dans les secours de la religion, qui lui sont prodigues, un calme et une paix qu'il ne goûta jamais au milieu des agitations du monde.
En apprenant le désastre d'Alcacer-Québir, qui causa la mort du roi Sébastien et la ruine du Portugal, le chantre des . Lusiades se soulève sur son lit de douleur et
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s'écrie : « Enfin je vais cesser de vivre : on saura que j'ai aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son siein, mais encore de mourir avec elle. » Quelque temps après, il rendait le dernier soupir.
Reléguée dans un coin obscur de l'église de Santa- Anna, la dépouille mortelle du grand poète national demeura de longues années sans marque extérieure; un ami des lettres, don Gonzalo Coutinho, justement affligé d'un tel oubli, lui fit élever un monument avec cette inscription :
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