‹ Jean-Jacques Rousseau à l'ile Saint-Pierre (lac de Bienne) 1765 (volume 2)Chapitre 8 sur 11 · PAYSAGE D'HIVER · texte numérisé non relu

PAYSAGE D'HIVER

à Daniel Schœn.

La neige molRe,mate et pure Blanchit la pflaine :et le chemin.

Deuil glacial de la nature.

Qui met en deuil le cœur humain !

Le vent sinistre souffle et beugle Comme une brute dans les bois ; Pareil à Toedl blanc d'un aveugle.

Le soleil luit dans les cieux froids.

Un camion chargé de houille.

Tiré par deux chevaux pelés.

De sa noirceur lugubre souille Le paysage aux plis gelés.

Que contemple, mélancoliq,ue, En soufflant dans s>es doigts transis, Un gueux au regard famélique.

Père d'innombrables soucis.

M. ALBEUT MBTZGER, lui aussi, est né à Mulhouse, dix ans après Charles Keller : le 31 mars 1853. Il fit ses études au collège de Mulhouse, mais elles fureat interrompues, par la guerre, et il les termina à l'Académie de Neuchâtel. De là, il se rendit à Lyon où il ne tarda pas à se créer des relations étendues dans le monde des lettres et des arts et où il dirigea, pendant onze ans, une revue scientifique et industrielle qu'il avait fonrlée.

En 1883, il publia une Histoire de la < République de Mulhouse», qui est, depuis longtemps, complètement épuisée. Dans ce travail, M. Albert Metzger a fixé, d'une façon précise, les avènements qui se déroulèrent dans l'ancienne république mulhousienjie.

Le succès de cette publication eng'agea M.

Metzger. à entreprendre d'autres travaux historiques. Il collabora activement à une « Histoire de Lyon » en onze volumes, qu'il écrivit avec son ami Vaesen, ancien élève de l'Ecole des Chartes.

Mais la santé délicate de M. Albert Metzger exigeait un climat moins humide que celui de Lyon. L'écrivain mulhousien dut se retirer dans les régions alpestres. Il s'établit en Savoie, à Chambéry, où il réside encore aujourd'hui et où il s'est distingué par des travaux littéraires divers, notamment par la publication de documents inédits et d'études définitives sur Jean- Jacques Rousseau et Mme de Warens. Les quatre volumes qu'il a consacrés à la première protectrice de Jean- Jacques font autorité en la matière, et le supplément du Grand Larousse universel les cite avec éloge et leur consacre une analiyse détailléki.

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M. Albert Metzger, qui eet membre de TAcadémie dee Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie, continue ses travaux littéraires, collaborant à n^ombre de revues et de journaux (il a mêime, récenmiei:^, collaboré à plusieurs reposes à r« Ejcpress > de Mulhouse).

Mais jusqu'ici, direz-vous, on n'a guère vu apparaître en lui le poète ? Pourtant M. Metzger a, de tout temps, < taquiné la Muse >. et la première édition de ses pcâsies parut en 1874. Il rimait sur les bancs du collège, et il ne se corrigea pas de cette < manie > à l'Académie de Neuchâtel, j'en ai les preuves en mains : j'ai en effet, le privilège de posséder le < dernier exemplaire » (c'est l'auteur qui me le dit dans l'aimable dédicace de cette brochure qu'il a bien voulu m'offrir) d'une plaquette éditée ea 1874 à Mulhouse, à la «• Librairie alsacienne d'Etaoîle Perrin, Gûne^ Bufleb, successeur, rue de© Boulangiers 14 (imprimée aux presses de la maison Veuve Bader et Cie) >. Cette plaquette, qui a pour titre < Rimes naïves », pouT épigraphe le vers d'Alfred de Musset :

Monj verre n'est pas grand, mais je bois djans

mon verre.

est dédiée à MM. les membres de la «Société de Belles-Lettres » de Nedrchâtel ; et les poésies qu'elle contient me prouvent que M. Albert Metzger continua à égrener à Neuchâtel le chapelet dee rimes qui avait captivé son adolescence à Mulhouse. Si, plus tard, des travaux plus scientifiques ont absorbé le poète, ce n'est pas une raison pour oublier ses vers. En voici quelques-uns qui sont dédiés à son ami Albert Choquin, de Mulhouse.

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