L ABANDON DES ENFANTS
Thérèse eut de Rousseau cinq enfants qui, tous, furent abandonnés par leur père à la charité publique au lendemain de leur naissance : décision qui procède à notre avis de cette
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disposition fondamentale du caractère de Jean-Jacques — et en général de tous ceux que la psychologie moderne appelle les « maniaques de l'amour », — à savoir l'incapacité maladive de traduire en actes, dès qu'il y faut un effort durable sur soimême, la prétendue sensibilité de cœur dont ces maniaques se font en réalité un moyen de domination et de puissance. — Nous reviendrons plus amplement sur cette disposition des névropathes ; il nous suffit de l'avoir indiquée d'un mot à l'heure où elle va porter un de ses fruits les plus déplorables dans l'existence du grand écrivain. — Ajoutons que de tels anémiqXies de la volonté, — lorsqu'ils sont d'ailleurs hautement doués du côté de l'intelligence. — ne manquent jamais de raisons spécieuses pour persuader eux-mêmes et les autres qu'ils demeurent fidèles à leur tendresse native à l'heure où ils la démentent le plus évidemment par leurs actes. C'est ce dont nous persuadera l'étude des divers plaidoyers que Jean- Jacques a prononcés pour sa défense, quand sa faute a été connue, de quelques intimes tout d'abord, du grand public après 1765. Mais nous demanderons d'abord à ses Confessions l'exposé des faits de la cause.
Au début de ses relations avec Thérèse, et tandis qu'il ne faisait pas encore ménage commun avec elle, il s'était mis en pension pour ses repas chez une M™^ La Selle, femme d'un tailleur, logée vis-à-vis du cul-de-sac de l'Opéra et tenancière d'une table d'hôte. Les habituels commensaux de Jean- Jacques y étaient, dit-il, de bons vivants, sans grands scrupules en matière galante et pensant sur ce point à peu près comme les roués de la Régence : les commandeurs de Graville et de Nouant, MM. du Plessis, de Besse, de Forcade, etc.. « J'y apprenais des foules d'anecdotes très amusantes et j'y pris aussi peu à peu non, grâce au ciel, jamais les mœurs, mais les maximes que j'y vis établies. D'honnêtes personnes mises à mal, des maris trompés, des femmes séduites, des accouchements clandestins étaient là les textes les plus ordinaires, et celui qui peuplait le mieux les enfants trouvés était toujours le plus applaudi. Cela me gagna. Je formai ma façon de penser
[et bientôt sa façon d'agir, quoi qu'il en ait dit au préalable], sur celle que je voyais en règne chez des gens très aimables, et, dans le fond, très honnêtes gens. Et je me dis : puisque c'est l'usage du pays, quand on y vit, on peut le suivre ! Voilà l'expédient que je cherchais. Je m'y déterminai gaillardement, sans le moindre scrupule ! » Il ajoute ensuite que Thérèse, demeurée plus près de l'instinct et par conséquent attaché à ses rejetons par le cri de ses entrailles, voulut résister à cette décision cynique, qui lui fut alors imposée d'autorité par son amant. On voit à quel bas él^age moral la lutte pour la vie sur le pavé parisien avait fait rapidement tomber l'ancien séminariste d'Annecy, avant qu'il eût trouvé sa voie vers ce pouvoir d'opinion qui est la renommée.
Le premier de ses enfants naquit dans l'hiver de 1747 ; le second, l'année suivante ; le troisième en 1750, c'est-à-dire après la rédaction du premier Discours plutarchien sur le thème fourni par l'Académie de Dijon ; on ne sait rien sur la naissance des deux autres qui nous conduiraient donc tout au moins jusqu'en 1752, c'est-à-dire après la soi-disant réforme morale, de caractère si ostentatoire, que leur père introduisit dans sa vie après qu'il eut pris, avec un éclatant succès, le rôle d'Aristide ou de Caton dans la Société de son temps. Il y a donc fort peu de compte à tenir de l'argument par lequel certains de ses fidèles cherchent à le couvrir lorsqu'ils font naître, ou plutôt ressusciter en lui dès 1749, le moraliste conséquent avec lui-même et l'instituteur social autorisé, tous deux réduits au silence un moment par l'insalubre atmosphère de la capitale française. Une autre tentative apologétique, tout aussi peu sérieuse, a été faite en sa faveur par George Sand qui s'avouait si hautement sa fille spirituelle : l'aïeule paternelle de la romancière illustre, la seconde femme de Dupin de Francueil, avait été dans sa jeunesse une des lectrices les plus attendries de la Nouvelle Héloïse, et, par l'entremise de son mari, elle avait eu au moins une entrevue avec Jean- Jacques pendant le dernier séjour parisien de celui-ci. Or elle le prétendait incapable, par constitu-
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tion, d'être père : il n'aurait donc abandonné que les enfants de Thérèse qu'il savait pertinemment n'être pas les siens. Mais plus tard, sous l'influence de la plus délicate inspiration chevaleresque, il aurait couvert par l'aveu d'un crime prétendu et vis-à-vis de ses amis intimes dans sa correspondance, et vis-à-vis de la postérité dans ses écrits autobiographiques de vieillesse, les successives infidélités de sa compagne ! — Or le plus novice des psychologues sourira d'un tel sophisme s'il connaît les différentes pages de Rousseau qui se rapportent à l'abandon des enfants de Thérèse et la considérable influence de cet abandon sur l'état de son âme et de son cerveau. Le remords seul peut dicter les accents qui résonnent dans son Emile, dans sa Correspondance ou dans ses Rêveries ; et sa maladie mentale n'aurait pas marqué un pas décisif lorsque cette circonstance de sa vie fut rendue publique par Voltaire, si sa conscience ne lui eût rappelé dans cette faute prétendue qu'un acte d'abnégation héroïque de sa part, au profit du bon renom de sa compagne. *
Enfin, et plus récemment, un auteur de langue anglaise dont l'état d'esprit nous rappelle les fanatismes jadis suscités sur les pas de Jean- Jacques par sa mystique prédication dans sa nouveauté, une émule des Verdelin et des Marianne La Tour, M°ie Mac Donald a cru pouvoir soutenir une thèse qui n'est pas sans analogie avec la précédente. Jean-Jacques ne serait pas le père des enfants de Thérèse, mais il aurait pensé l'être parce qu'elle lui fit très habilement accepter cette paternité impossible. Elle l'aurait ensuite poussé à l'abandon de ces innocentes créatures afin de le lier davantage à elle par la complicité d'une vilenie ! Psychologiquement c'est un peu moins inacceptable, peut-être, que l'apologie de Sand ; moralement, cela revient à l'opinion traditionnelle et ne décharge nullement Jean- Jacques, car s'il a cru être père et s'est prêté cependant à l'exposition de ses rejetons, il n'a plus trahi que sur un point la vérité dans ses écrits, c'est quand il a gratuitement affirmé les résistances de Thérèse à une décision toute spontanée de sa part. Sa responsabilité ne serait que bien peu
atténuée par le fait qu'il aurait, en réalité, obéi aux instigations de la marâtre. — Il est bien plus simple de l'en croire sur des faits dont l'aveu dut étrangement coûter à son immense orgueil moral. Revenons donc aux tentatives d'apologie qui sont sorties de sa propre plume.
Près de vingt ans avant celle des Confessions, il en avait présenté une toute différente à la première M"^^ Dupin de Francueil, dès lors informée de ces faits. Trois, tout au plus quatre des enfants sont déjà abandonnés à cette date du 20 avril 1751. Mais leur père vient de se poser en moraliste austère dans son premier Discours et se consacre à la polémique violente qui en fut la suite immédiate. Sa lettre justificative sera donc rogue, menaçante même ! Ce serait, à l'en croire, après mûre réflexion théorique, nullement pour obéir à l'entraînement de la coutume ou de l'exemple, mais à titre de protestation contre une société mal faite qu'il se serait dérobé au devoir paternel : « Oui, madame, déclame-t-il, en effet,» j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés. J'ai chargé de leur entretien l'établissement fait pour cela. Si ma misère et mes maux m'ôtent le pouvoir de remplir un soin si cher, c'est un malheur dont il faut me plaindre et non pas un crime à me reprocher. Je leur dois la subsistance : je la leur ai procurée meilleure ou plus sûre du moins que je n'aurai pu la leur donner moi-même... Si du moins leur état était légitime, ils pourraient trouver plus aisément des ressources... Que ne me suis-je marié, direz-vous ? Demandez-le à vos injustes lois. Madame. Il ne me convenait pas de contracter un engagement éternel et jamais on ne me prouvera qu'aucun devoir m'y oblige ! Ce qu'il y a de certain, c'est que je n'en ai rien fait et que je n'en veux rien faire ! » Voilà qui est convaincant ! « Il ne faut pas faire des enfants quand on ne peut pas les nourrir [lui obj cetera- t-on derechef]! Pardonnez-moi, Madame, la Nature veut qu'on en fasse, puisque la terre produit de quoi nourrir tout le monde ! Mais c'est l'état des riches, c'est votre état qui vole au mien le pain de mes enfants. Ils seront plus heureux que leur père. Ainsi
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voulait Platon que tous les enfants fussent élevés dans sa république! »
Si l'auteur du premier Discours s'en était tenu, sa vie durant, à l'attitude plutarchienne ou stoïcienne adoptée par lui dans cet ouvrage et à peu près soutenue dans le suivant, il aurait pu continuer de plaider sur ce ton démagogique, et se cantonner sur un terrain à peu près inexpugnable aux arguments du bon sens et de l'expérience. Mais nous verrons que son séjour champêtre à l'Ermitage de la Chevrette en 1756 et la crise sentimentale qui en fut pour lui la conséquence dès 1757 sont venus, de son aveu, infléchir grandement la courbe de ses convictions théoriques ; il passe alors du stoïcisme tendu et du platonisme social (celui de la République) à l'inspiration romanesque ou platonisme érotique (celui des Dialogues platoniciens) beaucoup plus profondément empreints dans sa pensée, comme nous le savons et par ses lectures précoces, et par son tempérament névropathique, et par l'attitude d'âme que lui avait dictée dès longtemps l'instinct de la conservation : celle de la sensibilité agressive. A dater de son troisième ouvrage de marque, la Lettre à d'Alembert, plus nettement encore après YHéloïse et VEmile, il devient un mystique avoué qui emprunte aux leçons du Quiétisme ses enseignements aussi bien que ses personnels réconforts. Pour réclamer sur ses semblables l'empire, il ne s'appuie plus, en ce temps, de sa prétendue vertu civique ou républicaine, mais plutôt des tendres impulsions de son sensible cœur.
C'est pourquoi nous allons l'entendre parler sur un tout autre ton dix ans plus tard à la maréchale de Luxembourg, lorsque celle-ci, également instruite à son tour, s'avisera d'une intervention plus active que celle de M™® de Francueil, et cherchera, de l'aveu du père, à retrouver au moins l'un des enfants exposés ; recherche qui ne fut point couronnée de succès d'ailleurs malgré les indications fournies par les parents, en sorte qu'on peut se demander si un seul de ces enfants soi-disant « plus heureux » que Jean-Jacques restait
encore vivant à cette date ? « Je vois avec peine, Madame la maréchale, écrit donc l'hôte du petit château de Montmorency en 1761, combien vous vous en donnez pour réparer mes fautes. » Il accepte désormais ce mot pour qualifier ce qu'il nommait « malheur » en 1751. « Depuis plusieurs années, le remords de cette négligence [à conserver les moyens de reconnaître les petits abandonnés] trouble mon repos et Je meurs sans pouvoir la réparer, au grand regret de la mère et au mien. Les idées dont ma faute a rempli mon esprit ont contribué en grande partie à me faire méditer le Traité de V éducation, et vous y trouverez, dans ' le livre premier, un passage qui peut vous indiquer cette disposition. Je n'ai point épousé la mère et je n'y étais point obligé puisqu' avant de me lier à elle, je lui avais déclaré que je ne l'épouserais jamais. Mais, du reste, je l'ai toujours aimée et honorée comme ma femme, etc..» Le ton est désormais beaucoup plus humain.
Enfin dans les Confessions, huit ans après, et de nouveau dans les Rêveries, à la veille de sa fin, il cherche à justifier par sa responsabilité d'éducateur (et non plus de père nourricier) la complaisance qu'il mit à pratiquer les maximes de ses compagnons de table d'hôte. Il avait frémi, dit-il, à la pensée de livrer ses enfants (surtout s'il venait à mourir) aux proches parents, si mal élevés, de Thérèse, qui devaient nécessairement les élever plus mal encore ! Le risque de l'éducation des Enfants-Trouvés lui parut moindre au total : « Il est sûr que la crainte d'une destinée pour mes enfants mille fois pire et presque inévitable m'a le plus déterminé... Hors d'état de les élever moi-même, il aurait fallu dans ma situation [de santé] les laisser élever par leur mère qui les aurait gâtés et par sa famille qui en aurait fait des monstres. » En réalité ce fut beaucoup plus tard, et surtout à la Chevrette, qu'il jugea si défavorablement de M^^ Le Vasseur et des siens après cohabitation avec elle ; il y a donc bien là un de ces sophismes que les névropathes, maniaques de l'amour, savent mettre en avant pour justifier leurs exigences sentimentales vis-à-vis de leur entourage d'une part, et, d'autre part, leur incapacité
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à payer du moindre retour les dévouements dont ils réclament à leur profit le bénéfice.
Si nous élargissons maintenant quelque peu le problème moral posé par l'abandon des enfants, nous constaterons que les opinions de Jean- Jacques se ressentirent assez vite, en effet, de l'atmosphère parisienne dans laquelle il vécut plongé depuis 1743, et contre laquelle il ne tenta pas de réagir avant la conception de son premier Discours. Écoutons-le par exemple décrire à M^^ de Warens en 1747, ce peuple des faubourgs de la capitale dont il sera l'idole après 1780 ; il parle des fêtes données à l'occasion du mariage de l'héritier du trône : « J'ai vu danser et sauter toute la canaille de Paris dans des salles superbes qui ont été construites pour le divertissement du peuple. Jamais ils ne s'étaient trouvés à pareille fête ! Ils ont tant secoué leurs guenilles, ils ont tellement bu et se sont tellement pifrés, que la plupart en ont été malades ! » Dans ses Mémoires, d'Épinay lui prête à cette date une sorte de parabole improvisée au cours de la conversation et d'une inspiration toute incrédule ou « philosophique » ; mais ce conte voltairien paraît avoir été largement retouché, sinon entièrement inventé par Diderot quand il prit sa part dans la rédaction de ces mémoires. En revanche c'est un document authentique que son projet pour l'éducation du jeune Dupin de Ghenonceaux qui a été publié par M. de Guibert en 1884 et ce texte le montre fort éloigné des opinions qu'il devait défendre après 1749 mais dans des sentiments très conformes à ceux des « philosophes » de la première génération encyclopédique. Il y prône la culture intellectuelle, les sciences, la vie de société et y soutient même ce « paradoxe étonnant qu'il n'y a de gens tranquilles et modérés dans leurs désirs que ceux qui vivent répandus dans le monde — Que n'est-il resté fidèle à cette opinion du bon sens f Car la solitude champêtre, peu saine à son tempérament nerveux si enclin à la divagation érotique et à l'idée fixe, sera considérée par Grimm, Diderot, d'Holbach, Malesherbes, plus tard par Hume, M^^^ de Boufïlers et le marquis de Mirabeau, comme l'une des
causes déterminantes de la manie, trop bien caractérisée, de sa vieillesse.
Nous venons de parler des Mémoires de M^^ d'Epinay. Après les travaux de M^^ Mac Donald, fort intéressants sur ce point, ils doivent être considérés comme largement interpolés par leurs correcteurs et éditeurs successifs, en sorte que les historiens sont tenus de les utiliser avec précaution désormais. Ils renferment néanmoins des textes contemporains des événements et dont le fond tout au moins est authentique. Telle est, à notre avis, une lettre de M^^^ d'Ette au chevalier de Valori sur la représentation, à Chenonceaux en 1747, de l'Engagement téméraire, cette peu remarquable comédie de Rousseau : « Nous avons eu vraiment une pièce nouvelle, écrit cette fille mordante, et Franceuil a présenté le pauvre diable d'auteur qui vous est pauvre comme Job mais qui a de l'esprit et de la vanité comme quatre. On m'a dit toute son histoire, aussi bizarre que sa personne, et ce n'est pas peu... Malgré sa figure, disait hier la petite M. (car il est certain qu'il est laid quoiqu'Émilie [d'Épinay] le trouve joli), ses yeux disent que l'amour joue un grand rôle dans son roman (vital). — Non, lui dis-je, son nez me dit que c'est la vanité. — Eh bien, l'un et l'autre. — Nous en étions là quand Francueil vint nous apprendre que c'était un homme de grand mérite... Sa pièce, sans être bonne, n'est pas d'un homme ordinaire... Tout ce qui est de gaieté est de mauvais ton : tout ce qui est de discussion et de causerie, même de persiflage, est excellent, quoiqu'avec un peu d'apprêt ! » Ces lignes sont psychologiquement excellentes, littérairement très fines et, dans le sens favorable aussi bien que dans l'autre, singulièrement prophétiques !
Plus tardivement peut-être, mais, en ce cas, d'après des notes de l'époque sans nul doute. M™® d'Épinay en personne a tracé ce portrait de l'homme de lettres famélique qu'était son futur « ours » de l'Ermitage avant 1750 : « Il est complimenteur sans être poli, ou au moins sans en avoir l'air. Il paraît ignorer les usages du monde, mais il est aisé de voir
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qu'il a infiniment d'esprit. Il a le teint brun et des yeux pleins de feu animent sa physionomie. Lorsqu'il a parlé et qu'on le regarde, il paraît joli ; mais, lorsqu'on se le rappelle, c'est toujours en laid. On dit qu'il est d'une mauvaise santé et qu'il a des souffrances qu'il cache avec soin par je ne sais quel principe de vanité : c'est apparemment ce qui lui donne, de temps en temps, l'air farouche. M. de Bellegarde (père de M. d'Epinay) avec qui il a causé longtemps ce matin, en est enchanté. Une conversation que j'ai eue avec lui m'a charmée... J'ai encore l'âme attendrie de la manière simple et originale en même temps dont il raconte ses malheurs ! »
Ainsi se faisait-il connaître peu à peu pour ce qu'il était en réalité, et sous ses diverses faces. Mais sa situation restait précaire, ainsi que sa santé, semble-t-il. Comme il l'a écrit le 26 août 1747 à M"^^ de Warens, il était grand temps pour lui d'échapper, par une voie ou par une autre, à « cet état d'opprobre, de misère et de besoin ! »