La famille de J.-J. Rousseau, p
nous avons défini plus haut, c'est-à-dire comme une bonté en avant, comme une perfection désirable de l'espèce. Il dira la conformité de notre nature avec la bonté et la prédestination de l'homme à la bonté au prix de l'expérience et de l'efîort; en un mot tout le contraire de l'affirmation de la bonté primitive qu'il a osé si souvent par ailleurs.
Ceci constaté, nous nous reporterons aux excellentes remarques que nous avons empruntées plus haut à M. Lan- , son et nous ajouterons que le vicaire a été compris le plus souvent dans le sens où la portion émotive de l'œuvre rousseauiste inclinait les lecteurs du temps à le comprendre, c'est-à-dire comme un psychologue optimiste et comme un moraliste romantique. La marquise de Créqui, cette chrétienne solide qui fut la correspondante longtemps fidèle de Jean- Jacques, lui fit connaître en termes heureux qu'il serait surtout entendu de la sorte : « Je vous avoue que le manuscrit [supposé du Vicaire] dont vous avez tiré de pareilles choses ne me paraît bon qu'à mettre les passions à leur aise... La source de toutes les méprises, en ce genre, c'est de sauter à pieds joints par-dessus le péché originel, et d'avoir trop de confiance dans des principes qui partent d'une nature corrompue. Vous la voyez, cette nature, mieux que moi, mais je la sens apparemment mieux que vous et je vous jure, de bonne foi, que l'idée du bien charme mon âme, mais que la pratique m'en déplaît fort. J'ai besoin de grands motifs pour faire des choses communes ! » C'est l'accent de M^^^ de Maintenon revenue de son fénelonisme d'une heure ; c'est, plus généralement, celui de la psychologie expérimentale et de la morale rationnelle.
Le cinquième livre de l'Emile est consacré à l'éducation des filles et la faveur dont continuait de jouir le traité de jeunesse de Fénelon sur ce sujet rend ici notre théoricien beaucoup moins hasardeux. Il n'a point au surplus dans cette matière de personnelles expériences ou rancunes à mettre en œuvre. — Enfin, la conclusion se fait sur la plus importante des Inventions romanesques qui émaiUent ce véritable roman