‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 39 sur 64 · SEPT ANNÉES DE PRODUCTION ACTIVE ET DE CROISSANTE INFLUENCE · texte numérisé non relu

SEPT ANNÉES DE PRODUCTION ACTIVE ET DE CROISSANTE INFLUENCE

Lorsqu'au début de l'hiver Jean- Jacques quitta l'Ermitage pour s'installer à Montmorency, où il avait loué un logement, sa santé subit tout d'abord le contre-coup des secousses physiques et morales qu'il venait de ressentir. Il retourna donc vers l'état d'esprit qu'il avait traversé naguère aux Charmettes, sous l'influence de causes analogues et après 1' « accident » névropathique dont nous avons parlé en son lieu : « Je passai, a-t-il écrit, toute l'année 1758 dans un état de langueur qui me fit croire que je touchais à la fm de me carrière. J'en voyais approcher le terme avec une sorte d'empressement... J'aspirais au moment d'être libre et d'échapper à mes ennemis.» — Pourtant, son équilibre mental se rétablit insensiblement, au prix des larges concessions qu'il avait consenties dès ce moment à sa nature véritable et qui se refléteront déjà quelque peu dans sa Lettre à d'Alembert. Il se fit platonique etquiétiste plus délibérément que pendant sa période d' « effervescence », trouvant, dans cette nouvelle attitude vitale, une défense efficace contre le remords des faiblesses et des màladives inconséquences de la veille. Il put bientôt se remettre au travail avec ardeur et mener à leur terme, dans l'espace de

LE MALADE

quelques mois, ses trois principaux ouvrages, VHéloïsey le Contrat social et V Emile; tous plus ou moins préparés dans son esprit par ses méditations antérieures et retenant donc en leur trame des traces plus ou moins sensibles de son « effervescence » philosophique et plutarchienne, avec un assez ample mélange deïsuggestions mystiques.

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