‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 49 sur 64 · PÉRÉGRINATIONS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PÉRÉGRINATIONS PATHOLOGIQUES

Rousseau débarque à Calais le 22 mai 1767 ; il passe une huitaine de jours à Amiens où, écrit-il à du Peyrou, on a voulu lui rendre des honneurs publics et où il s'est trouvé l'objet d'un empressement si bruyant qu'il a dû s'éloigner sans plus de retard. — Seconde manifestation de l'état d'esprit de la France, par contraste avec celui de la Suisse et de l'Angleterre! — Le 5 juin, il est à Fleury, près de Meudon, sous le toit du marquis de Mirabeau, V « ami des hommes » dont nous dirons les brèves, mais intéressantes relations épistolaires avec lui, pendant cette période de sa vie. Cependant, son très dévoué admirateur et protecteur, le prince de Conti, s'occupe de lui procurer un séjour plus conforme à ses goûts et qui soit moins voisin de la capitale. Aussi bien la France, dès lors convertie au rousseauisme dans ses classes dirigeantes, lui ofîre-t-elle le plus sûr asile, à la condition de ménager quelque peu les persistantes défiances du gouvernement à son égard. Le 21 juin, il s'installe donc au château de Trye-en-Vexin, dans un domaine qui appartient au prince mais où celui-ci ne fait que rares et brefs séjours. Pour plus de sûreté, il se dissimulera sous le pseudonyme de Renou, et Thérèse passera pour sa sœur.

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