PSYCHOLOGIE ET MORALE ROMANTIQUES AFFIRMÉES
Le 26 février 1770, l'hôte de Monquin adressait à son voisin et ami, M. de Saint-Germain, un long mémoire justificatif de sa conduite qui semble une première esquisse de ces très instructifs Dialogues dont la rédaction remplira pour lui, par intermittence, les cinq années suivantes. Il accuse Choiseul, alors ministre dirigeant, de le haïr au point d'avoir
conquis la Corse uniquement pour l'empêcher de légiférer au profit de ce peuple de la Nature. M^^ de Boufîlers ne le hait pas moins, poursuit-il, parce qu'elle fut la maîtresse avouée du prince de Conti et que, dans sa Julie, il a dit la femme d'un charbonnier plus respectable que la maîtresse d'un prince ! — Ce jugement, si manifestement ingrat, est la conséquence des lettres de bon sens et de cœur que lui adressa cette amie sincère lors de sa querelle avec Hume, c'est-à-dire bien longtemps après la publication de la Julie. — M°=i® de Luxembourg ne le hait pas moins, après avoir fait mine de le si tendrement aimer ; mais celle-là du moins n'est pas foncièrement méchante et lui reviendra donc après sa mort ! — Préférence qui est un nouvel outrage à l'aimable Amélie, en réalité la plus dévouée de beaucoup I
Passant aux accusations élevées contre lui, et, d'abord, à la plus cuisante de toutes, l'exposition de ses enfants, il renonce à la nier, mais l'excuse par l'argument auquel il se tenait désormais : ces petits abandonnés seront plus heureux de la sorte, car ils auraient été certainement instruits à détester et à trahir leur père. Il ajoute que son cœur ne lui en reproche pas moins un acte que sa raison justifie, mais que, tout compte iait, il y a là une faute qu'il pleure et qu'il expie, non pas une noirceur ou un crime qui lui puissent être valablement imputés. Or, c'est bien de crimes que ses ennemis l'accusent à l'en croire. Il cherche donc ces crimes dans sa vie sans les trouver, et voilà le mystère infernal, la sombre énigme qui fait sa torture, l'éclaircissement qu'il ne peut arracher d'aucun de ceux qui l'approchent ; désappointement qui le conduit à rompre brutalement avec les plus dévoués de ses fidèles. De là procèdent aussi ses frémissements involontaires, ses continuels et douloureux serrements de cœur. Saint-Germain en personne ne lui paraît pas aussi ému, aussi bouleversé d'une pareille situation qu'il le devrait être et sans doute le soupçon va-t-il bientôt l'atteindre à son tour car on ne voit pas que les relations se soient continuées entre eux. Si pourtant Je persécuté pouvait se faire instruire enfin des for-
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faits dont on persiste à le charger en secret, un seul mot d'explication ou de justification de sa part serait peut-être pour le public abusé un trait de lumière et suffirait à faire cesser l'ostracisme dont il se prétend la victime ! — Une fois arrivé là dans l'exposé de sa situation, unique au monde, il ne trouve plus que divagations pseudo-logiques et piétinements sur place; il n'a plus que ces apostrophes soudaines et passionnées qu'on retrouvera dans ses Dialogues : « On ne vous a pas jugé, diront-ils ? Eh, qu'avez-vous fait, misérables, etc.. ! »
Les Dialogues, dont nous venons de prononcer le nom et dont la rédaction se place entre 1772 et 1775, sont une nouvelle entreprise de justification;\plus directe et plus insistante que celles dont nous avons parlé jusqu'ici. Il s'agit pour l'auteur d'expliquer au public, comme il le fit jadis à Malesherbes, la contradiction qui se remarque entre la période plutarchienrte de sa vie, — pendant laquelle furent mûris la plupart de ses ouvrages à prétentions philosophiques ou sociales, — et les détails que le public connaît désormais, par bribes, sur sa conduite fort peu philosophique avec ses enfants, avec le groupe encyclopédique ou avec David Hume. Il décide alors de se dédoubler pour mieux justifier ce demi-philosophe qu'il i*egrette maintenant si fort d'avoir été quelques années durant. Rousseau juge de Jean-Jacques, tel est en effet le sous-titre des Dialogues, cette étrange production de sa plume où Rousseau, c'est lui-même, tel qu'il croit être dans la réalité et tel que chacun acceptait de le voir avant son début dans les lettres ; où Jean- Jacques est l'homme des écrits illustres, mais aussi de la légende calomniatrice qui est née précisément de ces écrits. Il s'agit d'identifier de nouveau Jean- Jacques avec ce Rousseau qu'il n'a jamais cessé d'être au fond, si ce n'est dans la polémique perfide autant que secrète, de ses impitoyables ennemis et dans l'opinion désormais malveillante ou méprisante de ses contemporains.
Les deux interlocuteurs de ces trois entretiens seront donc un Français, représentant l'opinion publique insuffisamment
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éclairée de son pays, et Rousseau. L'entretien de tous deux porte constamment sûr Jean- Jacques, Conçu comme une tierce personne que le Français charge de forfaits, sur le témoignage des chefs du complot holbachique, — « nos messieurs » comme les appelle ce badaud trop facile à influencer — , ijue Rousseau prône et défend de son mieux au contraire. Ajoutons que, ce singulier Jean- Jacques, le Français ne l'a jamais ni vu, ni lu au début des Dialogues, et qu'à ce moment Rousseau Fa lu déjà, mais non pas personnellement connu ; bientôt le Français l'aura lu et Rousseau l'aura vu, ce qui suffira pour les amener à s'accorder presque entièrement sur son compte.
Le début de l'ouvrage nous transporte, ex abrupto, au milieu même de la conversation engagée depuis quelque temps entre les deux causeurs. « Quel abominable homme ! Quelles incroyables choses je viens d'apprendre I » Telle est l'exclamation de Rousseau, parlant de Jean- Jacques après avoir entendu les incriminations du Français, qui n'accuse cependant que par ouï-dire et sur la foi de ses « messieurs », les Holbachiques ! « Et notez bien, insiste aussitôt le trop léger calomniateur, notez que c'est ce même homme dont les pompeuses productions vous ont si charmé, si ravi pàr les beaux préceptes de vertu qu'il étale avec tant de faste. — Dites de force, rectifie déjà Rousseau. Soyons justes, même avec les méchants. Le faste excite une admiration froide et stérile et, sûrement, ne charmera jamais. Des écrits qui élèvent l'âme et enflamment le cœur méritent un autre mot. — Faste ou force, qu'importe le mot si l'idée est toujours la même, si ce sublime jargon, tiré par l'hypocrisie d'une tête exaltée, n'en est pas moins dicté par une âme de boue! » Le sujet de l'ouvrage est ainsi nettement posé dès ses premières lignes. Le puissant sophiste, nullement diminué par la maladie dans sa faculté de synthèse sauf en de certaines régions très nettement délimitées de sa pensée, va repétrir dans le sens mystique et quiétiste la psychologie et la morale consacrées par l'expérience des âges en sorte que la conduite, trop souvent discutable, d'un névro-
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pathe de génie, tombé avec les années dans la manie bien caractérisée, puisse passer aux yeux du monde sinon pour de la vertu au sens étroit de ce terme — c'est une prétention qu'il a dû abandonner de longue date — tout au moins pour un exemple fort capable de conduire l'homme en général et les sociétés modernes en particulier vers la justice et vers le bonheur !
Le Rousseau des Dialogues qui, nous l'avons dit, possède à fond les écrits du célèbre Jean- Jacques et qui, sur la lecture de ces écrits, avait conçu pour l'écrivain la plus haute estime, s'étonne grandement des accusations du Français et se met en devoir d'écarter tout d'abord les plus générales et les plus théoriques d'entre elles. Il exposera de quelle façon l'ardeur pour le règne de la vertu peut se concilier avec la paresse à mettre cette même vertu en pratique, ce qui fut le thème des Lettres à Malesherbes : mais la préoccupation sera plus évidente ici de se couvrir, au point de vue moral, contre les agressions plus précises du Sentiment des citoyens ou des avocats de Hume : « Figurez-vous, expose donc Rousseau, un monde idéal, semblable au nôtre et néanmoins tout différent. La Nature y est la même que sur notre terre, mais l'économie en est plus sensible, l'ordre en est plus marqué, le spectacle plus admirable... tous les objets plus intéressants... Toute la Nature y est si belle que sa contemplation, enflammant les âmes d'amour pour un si touchant tableau, leur inspire, avec le désir de concourir à ce beau système, la crainte d'en troubler l'harmonie. De là naît une exquise sensibilité qui donne à ceux qui en sont doués des jouissances immédiates, inconnues aux cœurs que les mêmes contemplations n'ont point avivés. » C'est ici la source mystique de l'esthétique du romantisme.
Voici maintenant le paradis rousseauiste que Jean- Jacques a entrepris de transporter sans trop de délai, dans ce bas monde. Son postulatum est une humanité tout autrement disposée psychologiquement que la nôtre : « Les passions, poursuit en effet l'attentif lecteur de Jean- Jacques, y sont, comme ici-bas, le mobile de toute action, mais, plus vives.
plus ardentes ou seulement [?] plus simples et plus pures; elles prennent par cela seul un caractère tout différent ! » A savoir différent de celui qu'elles ont parmi les humains. « Tous les premiers mouvements de la Nature sont bons et droits ; ils tendent, le plus directement qu'il est possible, à notre conservation et à notre bonheur. Mais bientôt, manquant de force pour suivre, à travers tant de résistances^ leur première direction, ils se laissent défléchir par mille obstacles qui, les détournant du vrai but, leur font prendre des routes obliques où l'homme oublie sa première destination ! » Langage vaguement, machinalement chrétien, recouvrant une argumentation où il n'y a pas un mot, en réalité, qui ne soit une contrevérité psychologique ! Nous allons le voir plus clairement par ce qui suit.
« Les passions primitives, insiste en effet Rousseau juge de Jean- Jacques, n'ayant que V amour de soi pour principe, sont toutes aimantes et douces dans leur essence. » Nous connaissons cette psychologie, esquissée en note dans le second Discours et développée dans l'Emile. « Mais la faiblesse habituelle de l'âme humaine les conduit à suivre mollement l'impulsion de la Nature [cette impulsion si aimante et si douce pourtant] et à se détourner au choc des obstacles, comme une boule prend l'angle de réflexion [sur un billard]. Lorsque, détournées de leur objet par des obstacles, elles s'occupent plus de l'obstacle pour l'écarter que de l'objet pour l'atteindre [et comment feraient-elles autrement, grand Dieu ! selon les lois de la plus élémentaire logique], elles changent de nature et deviennent irascibles et haineuses. L'amour de soi, qui est un sentiment bon et absolu, devient amour-propre, sentiment relatif par lequel on se compare, qui ne cherche plus à se satisfaire par notre propre bien, mais seulement par le mal d' autrui! » C'est faux; il faudrait dire par la prépondérance de notre pouvoir sur celui d' autrui, car telle est la définition vraie de l'impérialisme vital ! — Rousseau achève cette première partie de son exposé en constatant que, devant le triomphe de l'amour-propre, le sage n'a d'autre ressource que de vivre
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à l'écart, sans sortir de sa place ni du calme où il veut rester.
Mais les choses se passent tout autrement dans le monde de nos habitants (nom que les Dialogues donnent habituellement aux fantômes astréens qui accompagnaient les promenades solitaires de Jean- Jacques, lui accordant droit civique dans leur cité de rêve et lui dictant ses conseils à la société de ses semblables). — C'est dire que les choses se passent tout autrement dans le Moi de Jean- Jacques puisque nous apprendrons bientôt qu'il est identique à « nos habitants » par la constitution de sa pensée. — Ces êtres singuliers, expose maintenant Rousseau, ont des passions qui suivent plus vigoureusement leur course directe (bien qu'aimantes et douces par essence, gardons-nous bien de l'oublier). Ces passions-là ne se détournent point à la rencontre des obstacles comme la bille sur le billard. Pareilles aux boulets des canons, ou bien elles forcent ces obstacles (fussent-ils de chair humaine, comme il arrive le plus souvent ici-bas) ou bien elles tombent et s'anéantissent à leur rencontre. C'est pourquoi, suivant des vues plus profondes (?) que le sage (stoïque), nos habitants arrivent presque au même but par la route contraire. Anéantis par les premières résistances qu'ils subirent dans le monde humain, ils restent dès lors à l'écart. C'est leur ardeur même, ainsi qu'on le voit, qui les tient désormais dans l'inaction paresseuse. L'état céleste qui est leur objet et leur premier besoin, parla force avec laquelle il s'offre à leur cœur, les a portés d'abord à rassembler et à tendre toutes les puissances de leur âme pour y parvenir. Les obstacles qui les retiennent ne sauraient les occuper au point de le leur faire oublier un moment, et de là ce mortel dégoût pour tout le reste et cette inaction totale quand ils désespèrent d'atteindre à l'unique objet de leurs vœux ! — Il s'agit bien d'une sorte de quiétisme vaguement chrétien par le langage ou même de fakirisme abstentioniste, ainsi qu'on le voit. Et n'oublions pas que Jean- Jacques entend bien se peindre en personne sous prétexte de nous renseigner sur les créatures de son imagination esthétique.
Nous devons conclure de ce pénible développement que les âmes faibles et tièdes, vont aux passions haineuses (puisque Rousseau aperçoit constamment sous l'angle émotif de la haine le normal impérialisme de l'être), tandis que les âmes grandes et fortes pratiquent la paresse et l'inertie. Car tel est le corollaire de la psychologie rousseauiste et la conviction tonique qui a été souvent reprise par les névropathes de son observance. — Quelles sont pourtant les conséquences morales de ces principes ? — « Peut-être, concède Rousseau au Français sur ce point, peut-être n'est-on pas dans ces contrées plus vertueux qu'on ne l'est autour de nous ; niais on y sait mieux aimer la vertu. Les vrais penchants de la Nature étant tous bons, en s'y livrant, ils [nos habitants] sont bons eux-mêmes. Mais parmi nous [parmi les créatures humaines], la vertu oblige souvent à combattre et à vaincre la Nature. Or, nos habitants sont rarement capables de pareils efforts. La longue inhabitude de résister peut même amollir leurs âmes au point de leur faire faire le mal par faiblesse, par crainte, par nécessité ! » Et voici ces forts soudain expliqués, plus logiquement, par la faiblesse dans leurs habitudes de vie. « Ils ne sont exempts ni de fautes, ni de vices. Le crime même ne leur est pas étranger [Marion, M. Lemaître, les enfants], puisqu'il est des situations déplorables où la plus haute vertu suffît à peine pour s'en défendre et qui forcent au mal l'homme faible, malgré son cœur. Mais l'expresse volonté de nuire, la haine envenimée, l'envie, la noirceur, la trahison, la fourberie y sont inconnues. Trop souvent on y voit des coupables. Jamais on n'y vit un méchant ! » Et voilà certes de précieux éléments pour construire une société heureuse ou même seulement ordonnée !
Puis Rousseau glisse de plus en plus à identifier Jean- Jacques avec le type de « nos habitants », sans réclamer désormais pour ceux-ci le privilège de la force d'âme : « Ils sont aussi moins actifs, ou, pour mieux dire, moins remuants [que les créatures humaines]. Leur effort pour atteindre à l'objet , qu'ils contemplent consiste en des élans vigoureux ! Mais,
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sitôt qu'ils en sentent l'impuissance, ils s'arrêtent, sans chercher à leur portée des équivalents à cet objet unique lequel seul peut les tenter ! » A savoir le retour aussi rapide que possible dans le sein de leur AlUé divin. En attendant cette heure de délivrance, ils s'agitent fort peu pour sortir du rang où les a placés la fortune ; ils ne tentent guère de s'élever sur l'échelle sociale et descendraient même, sans répugnance, à des relations plus conformes à leurs goûts que celles qui leur sont imposées par le sort. Les « préjugés » n'ont sur eux qu'une faible prise ; l'opinion ne règle point leur conduite. Quoique sensuels et voluptueux, ils font peu de cas de l'opulence. Aimant en effet la liberté plus encore que leurs aises, ils craignent la fortune en raison de l'embarras qui s'attache au soin de la conserver. Enfin, ils font généralement peu de livres (I) si ce n'est forcés par quelque heureuse découverte dans l'ordre social (l'avenue de Vincennes). En ce cas, ils commencent tard à écrire et sortent sans grand délai du tripot littéraire. — Telle est la morale de nos habitants après leur psychologie! Sauf en ce qui regarde ses derniers traits, décidément par trop personnels, on sait quel en a été le succès !
Mais le Français s'étonne à cette longue évocation de fantômes sans nulle consistance réelle. « Je cherche inutilement, fait-il remarquer à Rousseau, ce qu'il peut y avoir de commun entre les êtres fantastiques que vous décrivez, et le monstre dont nous parlions tout à l'heure [à savoir Jean- Jacques défiguré devant l'opinion par « nos messieurs »]. Mais vous, mon cher monsieur Rousseau, vous m'avez bien l'air d'être un des habitants de ce monde-là. — J'en reconnais un du moins, sans le moindre doute, précise à ce moment l'intrépide évocateur, dans l'auteur d'Emile et d'Héloïse ! — J'ai vu venir cette conclusion... mais, après avoir paru convaincu des abominations de cet homme, vous voilà maintenant le plaçant dans les astres, parce qu'il a fait des romans. — Vous unissez des choses que je sépare. L'auteur des livres et celui des crimes vous paraissent la même personne. Je me crois fondé à en faire deux. » C'est-à-dire, dans l'argumentation du persé-
cuté, que Fauteur des crimes est un être imaginé par ses ennemis .de toutes pièces, ce qu'il va prouver par l'apologie des livres. Il a pourtant placé plus haut le « crime » dans les possibles gestes de « nos habitants » parce qu'il n'est pas très sûr que certains de ses actes passés'ne puissent mériter ce nom. Mais, chez nos habitants, le crime même n'empêche nullement l'essentielle bonté et l'incapacité de jamais mériter le qualificatif affreux de « méchant ». La bonté naturelle, identifiée désormais avec le caractère de Jean- Jacques, est, à ce titre, définie beaucoup plus solidement que par des thèses sociologiques ou théologiques. Son existence étant expressément maintenue, elle ne sera désormais commentée que pour autant qu'il est utile à la complaisante analyse de ce caractère.