‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 2 sur 70 · II J.-J. ROUSSEAU. — PRÉFACE · texte numérisé non relu

II J.-J. ROUSSEAU. — PRÉFACE

qu'on n'aperçût, « afin de mieux démêler le principe qui les produisait », Il n'a pas dit, se tenant aux résultats : tel est mon caractère. 11 nous a mis en état de le retrouver. Voilà de quelle tâche nous nous chargerons ici, guidés par ses Confessions, guidés par sa Correspondance, et nous autorisant de ces témoignages pour établir une confrontation incessante entre son œuvre et sa vie.

Chacun des deux volumes que nous lui consacrons porte en lui-même son unité. Le premier traite des ouvrages d'inspiration sociale ou philosophique et de leur lente préparation dans l'esprit de Rousseau; il met en lumière l'unité doctrinale qu'ils forment : il étudie le penseur. Le second s'applique aux ouvrages plutôt subjectifs, où la sensibilité occupe la principale place, se soumettant peu à peu les autres motifs d'inspiration, laissant subsister à la fin des émotions qui s'expriment, des sentiments qui se racontent : il étudie le poète et l'artiste. 11 fait état non seulement du poème des Confessions, mais encore des Rêveries du promeneur solitaire, s\ difficiles à lire isolément; des étranges Dialogues iniiiulés Rousseau Juge de fean-Jacçues, à peu près inconnus; de ce Pygmalion enfin, œuvre d'un musicien halluciné; bref, de tous les témoignages qui nous présentent dans son intimité ce moi inquiet et tendre. En eux, nous comptons le saisir, — non dans son infatuation, — mais dans sa candeur et dans son humanité douloureuse.

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