CRITIQUE DES REVELATIONS. I
quoi le fils d'un bouddhiste ferait-il mal de suivre la religion du sien ?
Considérez maintenant un homme qui veut et qui peut s'engager dans la recherche de cette religion véritable hors de laquelle il n'y a point de salut.
Cet homme comprendra~t-il que la majesté divine ait pu s'abaisser assez pour 'faire d'un de nos semblables l'organe de ses volontés? Trouvera-t-il naturel que les révélateurs aient pour toutes lettres de créance quelques signes particuliers faits devant peu de gens obscurs, et dont tout le reste des hommes ne saura jamais rien que par ouï-dire? Concevra-t-il que ce que tout homme doit savoir soit enfermé dans certains livres, et que celui qui, comme la plupart de ses semblables, n'est à portée ni de ces livres, ni des gens qui les entendent, soit puni d'une ignorance involontaire ?
Puis, de quelle érudition cet homme ne va~t-il pas avoir besoin pour remonter aux antiquités, pour contrôler les révélations, les prophéties, les miracles, les doctrines, en un
mot tous les monuments de la foi des divers pays? « Quelle justesse de critique est nécessaire, dit Rousseau, pour comparer les traductions aux originaux , pour juger de l'impartialité des témoins, de leur bon sens, de leurs lumières ; pour savoir si l'on n'a rien supprimé, rien ajouté, rien transposé, changé, falsifié ; pour juger quel poids doit avoir le silence des adversaires dans les faits allégués contre eux; si ces allégations leur ont été connues; s'ils en ont fait assez de cas pour daigner y répondre ; si les livres étaient assez communs pour que les nôtres leur parvinssent; si nous avons eu assez de bonne foi pour donner cours aux leurs parmi nous et pour y laisser leurs plus fortes objections, telles qu'ils les avaient faites ! »
Les partisans des divers cultes prétendent appuyer leur foi par des prophéties et des miracles, que les uns et les autres déclarent également concluants.
Mais le moyen qu'un chercheur de bonne foi se prononce?
Cet homme connaîtra-t-il assez bien le