PRÉCURSEUR DE KANT
Rousseau reconnaît qu'en fait l'athéisme peut coexister avec la moralité. Il le montre dans la Nouvelle HéloYse, en représentant l'athée Wolmar comme le modèle de toutes les vertus. Toutefois il ne sépare pas théoriquement la religion de la morale. Pas de Dieu, pas de devoir. « Si la divinité n'est point, dit-il, il n'y a que le méchant qui raisonne, le bon n'est qu'un insensé. » Mais, d'autre part, qu'est-ce qui nous aide le plus à avoir la foi.^ C'est la moralité. «Tenez votre âme en état de désirer toujours qu'il y ait un Dieu; et vous n'en douterez jamais. »
iiH .IKAN-JACQL'EH ROI'HSKAL'.
]^ll)orlé, iininorlalilé, providence, ces trois corollaires de l'obligation morale que Kanl affirmera dans ses trois Crififjues, Rousseau les affirme dans sa Profession de foi du vicaire savoyard. Ce sont les croyances fondamentales pour l'un et pour l'autre. Seulement, tandis cjue Kanl mettra en pièces, sous les coups de sa dialectique, toutes les démonstrations de l'école et n'admettra que la certitude morale qui relie nécessairement au concept inébranlable du devoir les concepts de la liberté, de l'immortalité et de Dieu, Rousseau entreprendra de prouver la liberté par le sens intime, l'immortalité par la spiritualité de lame déduite elle-même des caractères de la pensée, Dieu par l'ordre universel, qui exclut l'Iiypotlièse d'une fatalité aveugle produisant des êtres intelligents.
Ce qui est commun à l'un et à l'autre, c'est l'exclusion du pur dogmatisme, c'est lappel à la raison pratique, c'est 1 invocation des croyances rationnelles, c'est la préoccupation de triompher particulièrement des