‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 67 sur 146 · LE SUFFRAGE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE SUFFRAGE UNIVERSEL

volonté populaire par la volonté de telle ou telle oligarchie parlementaire.

L'organe naturel de la volonté populaire, c'est le suffrage universel. Le suffrage universel n'est pas la souveraineté nationale ; il n'en est que l'instrument toujours perfectible. Plus cet instrument est précis, mieux se manifestent dans l'évolution politique les aspirations de la conscience publique.

Grâce à la bonne organisation et à la multiplicité des votes, chacun peut conserver intacte sa part de souveraineté, laquelle n'est pas moindre pour lui que pour ceux qui le dépassent en fortune ou en intelligence, vu qu'il est une personne au même titre qu'eux.

Par l'exercice de ce droit de vote, qui est la consécration sociale de la dignité humaine, chacun est acheminé à comprendre que l'allégement de toutes les charges, le développement de tous les progrès sont subordonnés à l'option commune ; que le peuple doit régner et gouverner par ses libres suffrages ; que la volonté nationale est tenue, sous

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peine d'abdication, de demeurer maîtresse de ses choix, et qu'il n'y a dès lors de compatible avec le sufTrage universel que le régi m o républicain.

De même que la souveraineté de tous appelle comme instrument le suffrage universel, le suffrage universel appelle comino forme de gouvernement la république.

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