‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 105 sur 251 · Correspondance y nnnéa il Ai · texte numérisé non relu

Correspondance y nnnéa il Ai

3. Rousseau, dans son second Dialogue, dit, en parlant de son discours sur les lettres et les arts en 1749 : « De la vive efîervesccrice qui se fit alors dans son âme (Rousseau, dans ses Dialogues, parle de Ini-môme à la troisième personne) sortirent les étincelles de génie qu'on a vu briller dans ses écrits durant deux

à mademoiselle Serre précède l'éruption du génie de Rousseau.

Madame d'Houdetot, qui inspira à Rousseau une passion si ardente, était-elle belle ou était-elle jolie ? Ni l'un ni l'autre. Rousseau dit lui-même qu'elle n'était pas belle : « Son visage était marqué de petite vérole, son teint manquait de finesse, elle avait la vue basse et les yeux un peu ronds: mais elle avait l'air jeune avec tout cela, et sa physionomie, à la fois vive et douce, était caressante Elle avait l'esprit très-naturel et très-agréable; la gaieté, fétourderie et la naïveté s'y mariaient heureusement ; elle abondait en saillies charmantes, qu'elle ne recherchait point, et qui partaient quelquefois malgré elle Pour son caractère, il était angéliqiie; la douceur d'âme en faisait le fonds » Voilà un portrait qui se sent de l'amour que Rousseau a eu pour madame d'Houdetot. J'ai voulu, pour mieux connaître madame d'Houdetot, consulter les témoignages des femmes de son temps, de son monde, et particulièrement celui de madame d'Épinay, sa belle-sœur; madame d'Épinay dit partout beaucoup de bien de madame d'Houdetot. Il y a plus : mademoiselle d'Ette, cette commensale malicieuse de madame d'Épinay, qui médisait tant qu'elle pouvait des personnes qui la recevaient, et qui peignait d'une manière si piquante tous les vices ou tous les défauts dont elle profitait, mademoiselle

ans de délire et de fièvre, mais dont aucun vestige n'avait paru jusqu'alors, et qui vraisemblablement n'auraient plus brillé dans la suite, si, cet accès passé, il eût voulu continuer d'écrire. » (Deuxième Dialogue.) 1. Confessions^ livre ix.

d'Ette, la préceptrice et l'espionne du mal dans toute cette société riche, spirituelle et frivole, mademoisellcî d'Ette est elle-merne favorable à madame d'Houdetot. «Vous saurez d'ailleurs, dit mademoiselle d'Ette, que la comtesse d'Houdetot est devenue très-aimablo; son esprit s est formé. Elle est bien un peu étourdie, mais elle est si naturellement honnête, que c'est un agrément de plus pour une femme aussi jeune. Il ne tiendrait qu'à nous de la croire coquette; mais Emilie (madame d'Épinay) nous assure qu'il n'en est rien \ » Voyons maintenant ce que madame d'Épinay dit elle-même de madame d'Houdetot : « La comtesse d'Houdetot est venue hier me dire adieu. Que c'est une jolie âme; naïve, sensible et honnête! Elle est ivre de joie du départ de son mari, et vraiment elle est si intéressant^ .ue tout le monde en est heureux pour elle^ » Et ailleurs : « La comtesse d'Houdetot est venue hier souper avec nous...!. Le marquis de Saint-Lambert était avec elle, il venait m'apprendre son départ pour l'armée. Ma- j dame d'Houdetot en est désespérée; elle ne s'atten- 1

dait pas à cette séparation Elle ne se possède pas, 1

et laisse voir sa douleur avec une franchise au fond | très-estimable, mais cependant embarrassante pour P ceux qui s'intéressent à elle... Mon Dieu! que j'ai j d'impatience de voir dix ans de plus sur la tête de cette femme! Si elle pouvait acquérir un peu de modération, ce serait un ange. »

Voilà certes un portrait où il n'y a pas de mal-

1, Mémoires (iii madame d'Epinay, t. 1^»", p. 180.

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