Saint-Lamberl
((u'ello mandait à Saint-Lambert que Rousseau était fou. Il faut que cela soit bien fort, disait-il, puisqu'elle s'en aperçoit \)) Ainsi, d'après les témoignages de Saint-Lambert, Rousseau put pendant quelque temps être fou auprès de madame d'Houdetot sans que madame d'Houdetot s'en aperçût. Elle avait les yeux ailleurs. Elle n'a vu la folie de Rousseau que lorsque cette folie est arrivée à son plus haut point.
Madame d'Épinay répond à Grimm : « Certainement, si je l'avais voulu, je serais très-fort au courant des amours de Rousseau, ou du moins au courant du bavardage de Thérèse. Elle est même venue plusieurs fois pour me porter ses plaintes, mais je l'ai toujours fait taire. » Ne pouvant pas se faire écouter de madame d'Épinay, Thérèse allait bavarder avec les hôtes oisifs de La Chevrette, et fournir des sujets d'entretien à leur médisance. Madame d'Épinay était même souvent obligée de rappeler à ces médisants qu'ils devaient ménager sa belle-sœur, surtout quand elle ne méritait pas qu'on la déchirât. c( En effet, sur quel fondement? Sur le rapport d'une fille jalouse, bête, bavarde et menteuse, qui accuse une femme qui nous est connue pour étourdie^ confiante, inconsidérée à la vérité, mais franche, honnête, et trèshonnête, sincère et bonne au suprême degré de bonté. J'aime mille fois mieux croire que Rousseau s'est tourné la tête tout seul, sans être aidé de personne, que de supposer que madame d'Houdetot s'est réveillée un beau matin coquette et corrompue Leurs promenades solitaires n'avaient sûre-