Mémoires de madame d^Epinay, année
ment pas d'autre but, de la part de la comtesse, que de métapliysiquer sur la morale, la vertu, l'amour, Tamitié et tout ce qui s'ensuit. Si l'ermite avait un but plus physique, je n'en sais rien; mais la comtesse n'en aura rien vu : s'il Ta expliqué de manière à n'en pouvoir douter, elle sera tombée des nues ^ » Le témoignage de madame d'Épinay se rapporte ici d'une manière curieuse à celui de Saint-Lambert. Comme Saint-Lambert, madame d'Épinay croit que pendant longtemps madame d'Houdetot, préoccupée ailleurs, n'a pas vu la folie de Rousseau, et que, lorsqu'elle s'en est aperçue, elle est tombée des nues. Plus loin, madame d'Épinay ajoute: a Eh bien! j'avais raison, lorsque je soutenais que les amours de Rousseau n'étaient qu'un bavardage, il n'y a pas un mot de vrai à tous les propos de Thérèse. Que je me sais de gré de n'avoir jamais voulu y prêter l'oreille 1 Le marquis de Groismare a fait une promenade tête-àtête avec la comtesse, qui n'a fait que l'entretenir, à mots couverts plus clairs que le jour, de sa passion pour le marquis de Saint-Lambert. M. de Croismare Ta mise fort à son aise, et au bout d'un quart d'heure elle lui a confié que Rousseau avait pensé se brouiller avec elle, dès l'instant qu'elle lui avait parlé sans détour de ses sentiments pour Saint-Lambert... Il a épuisé toute son éloquence pour lui faire naître des scrupules sur cette liaison, qu'il nomme criminelle ; elle est très-loin de l'envisager ainsi. Quoi qu'il en soit, voilà, ce me semble, l'énigme expliquée des fréquentes conférences de Rousseau et