‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 127 sur 251 · Mémoires de madame d'Epinay^ année · texte numérisé non relu

Mémoires de madame d'Epinay^ année

Rousseau en effet, en accusant Orimm, n'avait pu , pris le bon moyen (le se l'aire écouler. Elle essaya pourtant de calmer Rousseau ; elle n'y réussit pas. Elle juge d'ailleurs fort bien la correspondance entre les deux philosophes, quoique avec un peu de complaisance pour Diderot : « La lettre que Rousseau a écrite à M. Diderot est remplie d'invectives et de mauvaises chicanes, tandis qu'il aurait eu beau jeu avec de la modération; car, en effet, celles qu'on lui écrit sont un peu dures. Il faut pourtant convenir qu'avec de la bonne foi il n'y aurait jamais eu un instant de tracasserie à tout cela. Diderot, pour toucher son ami sur le sort de sa vieille gouvernante, a voulu sans doute lui mettre sous les yeux les reproches qu'il aurait à se faire, s'il lui arrivait le plus léger accident; Timagination de Diderot lui a fait voir la bonne Levasseur malade, au lit de mort, faisant à Rousseau le discours le plus pathétique : et Rousseau n'ayant à opposer à ce tragique tableau que des raisons faibles et puériles... Dès lors il ne le voit plus que comme un ingrat, un assassin ; il n'est plus digne de son estime; il se persuade que tout ce qui peut arriver l'est, et il lui dit sans façon qu'il est un barbare. C'est un fort beau morceau de poésie que ces deux lettres de Diderot ^. n

Madame d'Épinay a raison, Diderot faisait un drame; mais j'avoue que, sans avoir l'inquiétude ombrageuse de Rousseau, -je saurais fort mauvais gré à celui de mes amis qui ferait un drame de mes souffrances. Sans doute Rousseau eût bien fait de

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