‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 144 sur 251 · Voyez les lettres de Cassiodore, liv. m · texte numérisé non relu

Voyez les lettres de Cassiodore, liv. m

se mêlaient, dit Salvien, aux cris de ceux qui applaudissaient dans le cirque : confundebatur vox morien- Hum voxque bacchantium, ac vix discerni poterat plebis ejulatio quœ cadebat in bello et sonus populiqui clamabat in circo'^. Trêves enfin ayant été plusieurs fois saccagée par les barbares, les habitants qui survivaient à ces désastres demandaient aux empereurs des jeux du cirque en dédommagement et en consolation de leurs malheurs, qui excidio superfuerant quasi pro summo deletœ urbis remedio circenses ab imperaforibus postulabant ^. La fureur du plaisir est la dernière énergie dont soient capables les vieilles sociétés.

Les pères de TÉglise sont plus sévères encore contre le théâtre que les philosophes anciens. Je n'en suis pas étonné : ils sont plus sévères gardiens des mœurs, et en outre le théâtre se rattachait à la mythologie par tant de liens, qu'en attaquant le théâtre, les pères de l'Église attaquaient l'idolâtrie; mais je ne veux pas résumer leurs arguments, qui se retrouvent dans la controverse du dix-septième et du dix -huitième siècle. Le débat en effet s'est engagé dans ces deux siècles, prenant dans chaque siècle la forme du temps : au dix-septième siècle, il est entre les théologiens; au dix -huitième, entre les philosophes.

Un des confidents, et je dirais volontiers un des employés littéraires du cardinal de Richelieu, l'abbé d'Aubignac, auteur de la Pratique du théâtre, fit par

Page 1