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Port-Royal ; il s'imagina que l'auteur des Visionmaires Tavait eu en vue en parlant des poètes qui couvraient d'un voile d'honnêteté les passions criminelles. (( Mon père prit cela pour lui, dit Louis Racine dans ses notes sur la vie de son père ; il écouta un peu trop sa vivacité naturelle; il prit la. plume, et sans rien dire à personne, il fit et répandit dans le public une lettre sans nom d'auteur, où il turlupinait ces messieurs de la manière du monde la plus sanglante et la plus amère. La lettre fit grand bruit ; les molinistes y battirent des mains et furent charmés d'avoir enfin trouvé ce qu'ils cherchaient depuis si longtemps et si inutilement, c'est-à-dire un homme dont ils pussent opposer la plume à celle de Pascal, bien fâchés cependant de ne pas connaître fauteur de la lettre a
Il y a ici plusieurs traits à marquer pour l'histoire littéraire : la sévérité de Port-Royal contre la comédie et son attachement à la vieille tradition de l'Église ; la vivacité de Racine encore jeune et dans son temps (ïégaremmts et de misères, comme il le dit luimême plus tard dans une lettre à madame de Maintenon^, croyant défendre sa cause et même sa personne en défendant le théâtre, n'hésitant pas à rompre en visière à ses anciens maîtres et à se faire fallié d'un mauvais poëte ; les molinistes enfin ou les jésuites acceptant f alliance avec le théâtre ou avec ses défenseurs : voilà ce qui dans la question appartient à l'histoire du temps. Mais à côté de cela