INTRODUCTION. XIX
ses idées et son s|yle ont laissé une trace profonde; depuis lui, à travers cette eau, claire et un peu froide, de la littérature française, il circule un courant plus chaud.
M. Saint-Marc Girardin, en étudiant Rousseau avec la sympathie qii'il ne cache point, a montré jusqu'où pouvait aller Fintelligence et l'équité de sa critique, car il semblait né pour ne pas entendre l'homme qu'il étudie. Tandis que Rousseau, tout entier au sentiment intérieur, compte les actes pour peu, et que, par amour de l'idéal, il bouleverse le monde, Saint-Marc Girardin songe uniquement à asseoir soUdement la vie. Il veut la règle : pour la vie privée, la raison dominant le sentiment, cédant à son tour à la foi, qui est un appui moins chancelant; la chasteté; l'amour associé au devoir daas le mariage et la famille ; pour la vie publique, le devoir encore, recommandé de préférence au droit, sauf le droit sans lequel l'homme même n'est plus : la liberté de l'individu, la liberté de conscience ; comme régime pohtique, le gouvernement des classes, moyennes, qui représentent la raison et la modération. Esprit tout pratique, il ne goûtait point la fantaisie, la poésie pure, la philosophie pure, la spéculation.
C'est sa force et sa faiblesse devant Rousseau. Il est fort sur le terrain de la réaUté, de la pratique : ces