‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 163 sur 251 · Psaume xcvi, v · texte numérisé non relu

Psaume xcvi, v

Si le jeune homme doit tâcher de se faire une règle de conduite quand il n'a encore qu'à se conduire lui-même, qu'est-ce donc quand, devenu homme marié et père de famille, il a à conduire sa maison et à faire deux éducations, celle de sa femme et celle de ses enfants? Celle de sa femme, ai-je diti je me hâte de me réfugier derrière la sagesse des anciens, dussé-je laisser croire que les leçons qu'ils donnent à ce sujet ne s'appliquent qu'aux femmes de Faniiquité. La conversation est entre Socrate et Ischomaque, dans Y Économique de Xénophon :

« Socrate. — Est-ce toi, ïschomaque, qui as rendu ton épouse capable des soins qui regardent la conduite de sa maison?

« IsGHOMAQUE. — Oui, mais non pas sans avoir sacrifié aux dieux et sans leur avoir demandé pour moi la grâce de bien instruire, pour elle le don de bien apprendre ce qui pouvait contribuer à notre bonheur commun.

c( Socrate. — Ta femme sacrifiait donc avec toi? elle mêlait donc ses prières aux tiennes?

(( IscHOMAQUE. — Assurémeut ^ »

Ainsi, selon la sagesse antique, c'est le mari qui doit faire Téducation de la femme et lui enseigner ses devoirs; mais pour que la leçon soit bonne, il faut la commencer par une prière aux dieux. Ces devoirs qui s'enseignent avec Fassistance des dieux sont ceux de la mère de famille et de la femme de ménage ; car Xénophon, qui était un grand capitaine et un grand politique, qui jouait un rôle important

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