Livre VII, p. 114, tome X
les élève pour l'État, et de la manière qui lui semble le plus utile à l'État, sans se soucier s'ils auront une profession trop tard pour en pouvoir profiter longtemps. Dans l'État de Platon, les emplois ne sont pas des places, ce sont des obligations imposées aux citoyens. L'État est tout, l'individu n'est rien.
Après avoir fait le plan de l'éducation de ses guerriers et de ses magistrats, Platon cherche dans le dixième livre, qui est le dernier, quels motifs nous pouvons avoir pour nous conformer à ce plan d'éducation. Quel profit retirerons-nous, si nous suivons les règles prescrites par Platon ? Deux grands profits, dit Platon : l'un dans cette vie, et l'autre dans la vie future. Dans cette vie, nous aurons Tunité de l'État ; dans l'autre vie, nous aurons les biens réservés à la vertu. De ces deux récompenses, je ne fais cas que de celle qui se rapporte à la vie future, car l'unité de l'État telle que l'entend Platon^ loin de me sembler un bien, me semble un mal insupportable.
Gomment d'abord Platon arrive-t-il à nous promettre la jouissance d'un bonheur éternel en retour d'une vie honnête et vertueuse? Non pas qu'il réserve absolument pour l'autre monde toutes les récompenses de la vertu : la vertu est honorée ici-bas, et souvent même elle est heureuse, w J'ai été jeune et je suis devenu vieux, dit le psalmiste^ et pendant tout ce temps je n'ai pas vu le juste abandonné et sa race cherchant son pain. » Platon a la même espérance pour le juste : « Je prétends, dit-il, que les justes, lorsqu'ils sont dans l'âge mûr, parviennent