‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 178 sur 251 · II · texte numérisé non relu

II

JICAN-JACOlJES KOCSSKAU.

L'éducation naturelle ou celle de Thomme dans les forêts et l'éducation publique ou celle du citoyen dans la République de Platon, voilà les deux éducations que Rousseau regrette en commençant Y Emile; mais, tout en les regrettant, il les déclare impraticables. Que reste-t-il donc alors à l'homme qui ne peut plus être ni un sauvage ni un citoyen? que sera-l-il? « Toujours en contradiction avec lui-même, toujours flottant entre ses penchants et ses devoirs, il ne sera jamais ni homuie ni citoyen : il ne sera bon ni pour lui ni pour les autres; ce sera un de ces hommes de nos jours, un Français, un Anglais, un bourgeois; ce ne sera rien ^. »

Je reconnais ici le premier éclat de cette colère et de ce dédain grotesque contre les bourgeois qui fait depuis vingt ans en çà l'originalité de l'école de la démocratie illibérale, et j'aurais bien quelque envie de défendre le bourgeois contre les talons rouges ou contre les bonnets rouges de la démocratie; mais j'aime mieux voir comment Rousseau va s'y prendre pour ramener, autant que possible^ le bourgeois à l'homme, car voilà le problème de son traité d'éducation , voilà le but de Y Emile tel qu'il le propose.

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