‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 18 sur 251 · Tome n, p · texte numérisé non relu

Tome n, p

XXIY INTRODUCTION.

Luchon, j'étais attiré parla montagne de Vénasque: je me fis porter jusqu'à l'Hospice; arrivé là, il ne pouvait me convenir de faire la partie de plaisir classique, de déjeuner largement, de monter en nombreuse compagnie, d'avoir de l'esprit ou de jouir de celui des autres; je partis avec un petit pain, sur de ne pas manquer d'eau en route. Le ciel se chargeait; par intervalles, le tonnerre grondait; je me rappelais le début de cet admirable Guillaume Tell de Schiller : « Les hauteurs tonnent, le sentier tremble. » On monte des heures dans le chemin en lacet que les torrents coupent, sans rien apercevoir de tous les côtés que des aiguilles et des tours qui vous enferment dans une prison de pierre ; mais tout à coup une brèche s'ouvre, le ciel s'ouvre aussi, et on voit, comme dans une vision, la Maladetta couverte de neige, qui domine de sa hauteur le troupeau des monts de Catalogne. On ne séjourne qu'un instant sur ces cimes , et l'orage qui éclata bientôt terrible m'avertissait de me hâter; je n'y retournerai probablement jamais et il ne m'en reste que cette pierre d'un brun sombre de fer qui presse le papier où je viens d'écrire; mais le spectacle est encore là et l'émotion toujours vive.

Il traite l'humanité comme il a traité la nature, (c Je ne crois pas à l'humanité, je ne crois qu'aux c( hommes, et, parmi les hommes, je n'aime que

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