INTRODUCTION. XXV
« ceux qui sont des personnes \ » Il traite le peuple de même. Un des hommes les meilleurs de notre pays et de notre temps, M, Edouard Charton, charmé d'être distingué par lui, lui en exprimait un jour sa reconnaissance et ajoutait comme reproche affectueux : a Mais combien je suis fâché que vous c( n'aimiez pas le peuple!» 11 répondit encore qu'il n'aimait pas le peuple en général, pas plus que l'humanité en général, mais les individus,- quand ils sont des personnes. On reconnaît là sa crainte des abstractions , son goût pour les réalités morales, sa haine de la déclamation, à laquelle le peuple et l'humanité ont trop souvent fourni des thèmes» Ces négations étaient pour lui des défenses ; mais il ne songeait pas toujours à se défendre : alors il avait ses chers Grecs, ses chers Arméniens, ses chers Roumains, ses chères provinces et sa chère France, aimant partout la vie, l'inteUigence, le sentiment, la liberté, la moralité, tout ce qui fait qu'on est quelqu'un, que l'homme est homme, que ce fût un individu, ou une personne ou une nation; et lorsqu'il parlait et écrivait en faveur de la bourgeoisie, ce n'était pas un individu pour qui il parlait et écrivait, c'était bien une classe, par conséquent une abstraction. Ainsi, quand il n'était pas sur ses gardes, il